La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a tenu une audience consacrée aux impacts des politiques migratoires dominicaines sur le droit à la santé, en particulier pour les femmes haïtiennes dans les hôpitaux du pays.
Plusieurs organisations ont dénoncé des mesures qu’elles jugent restrictives, discriminatoires et xénophobes, affirmant que le protocole de gestion des services de santé pour étrangers crée un climat de peur. Selon elles, même si l’accès aux soins n’est pas officiellement refusé, la menace de déportation pour les patientes sans papiers rend les services médicaux difficilement accessibles.
D’après le Service national de santé (SNS), les accouchements de mères haïtiennes sont passés de 32 967 en 2024 à 18 434 en 2025, soit une baisse de plus de 14 000 cas en un an.
Les organisations affirment que certaines femmes choisissent désormais d’accoucher à domicile sans suivi médical, ce qui pourrait augmenter les risques de mortalité maternelle.
La délégation dominicaine a défendu ses politiques en affirmant que la santé est reconnue comme un droit fondamental et que les services médicaux sont fournis sans discrimination de nationalité.
Le pays compte 2 179 établissements de santé, dont 1 982 centres de premier niveau accessibles à toute personne ayant besoin de soins.
Les autorités ont également souligné que la mortalité maternelle est de 97 pour 100 000 naissances chez les Dominicaines, contre 234 pour 100 000 chez les migrantes, présentant les mesures actuelles comme une organisation sanitaire durable et non une restriction de droits.
La CIDH a exprimé des préoccupations concernant l’exécution de certaines procédures migratoires, notamment celles qui aboutissent à des expulsions. Elle a proposé l’ouverture d’un dialogue technique entre la société civile, l’État dominicain et les partenaires internationaux afin de garantir l’accès aux soins sans discrimination.
Cette audience s’inscrit dans le 195e cycle de sessions de la CIDH, organisé au Guatemala, où 29 débats consacrés à des situations urgentes de droits humains sont programmés.
Crise haïtienne : l’Instituto Duartiano appelle à renforcer les rapatriements
Parallèlement, le président de l’Instituto Duartiano, Wilson Gómez Ramírez, a appelé les autorités dominicaines à maintenir et renforcer les rapatriements des migrants haïtiens en situation irrégulière.
Son intervention a eu lieu lors d’une cérémonie solennelle au Altar de la Patria, organisée pour commémorer le 209e anniversaire de la naissance de Francisco del Rosario Sánchez, figure majeure de l’indépendance dominicaine.
Selon Gómez Ramírez, la crise institutionnelle, politique et sociale en Haïti ne pourra être résolue sans une intervention internationale décisive. Il a également affirmé que la République dominicaine ne peut assumer seule les conséquences de la crise du pays voisin.
Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité de défendre la souveraineté nationale et l’ordre institutionnel, qu’il considère comme des principes fondamentaux de l’État dominicain.
Le président de l’Instituto Duartiano a également rappelé le rôle historique de Francisco del Rosario Sánchez, qui, aux côtés de Matías Ramón Mella et des Trinitaires, a participé au mouvement indépendantiste dominicain. Il a souligné que l’un des faits marquants du patriote fut la proclamation de l’indépendance nationale à la Puerta del Conde et la direction du gouvernement provisoire.
Soraya Ades.
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