Le 14 novembre 2025 marque la Journée mondiale du diabète. À cette occasion, les projecteurs se tournent vers Haïti, où cette maladie chronique progresse rapidement dans un contexte de précarité sanitaire, d’instabilité politique et de transition alimentaire. Selon les dernières données de la Fédération internationale du diabète (FID), plus de 540 000 adultes haïtiens vivent actuellement avec le diabète. Ce chiffre pourrait atteindre 884 000 d’ici 2050 si aucune mesure préventive n’est mise en œuvre.
Une prévalence en forte hausse
En l’an 2000, Haïti comptait environ 183 000 cas de diabète. En 2021, ce nombre avait déjà grimpé à 470 000. En 2024, la FID estime que 540 000 adultes sont concernés, soit près de 10 % de la population adulte. Ces chiffres traduisent une évolution préoccupante, comparable à celle observée dans plusieurs pays des Caraïbes, mais aggravée par les conditions locales.
Des facteurs aggravants propres au contexte haïtien
La progression du diabète en Haïti s’explique par une combinaison de facteurs structurels et sociaux :
- L’accès limité aux soins de santé, notamment en zones rurales, empêche un dépistage précoce et un suivi médical régulier.
- La transition nutritionnelle vers des produits ultra-transformés, souvent importés, favorise l’apparition du diabète de type 2.
- L’instabilité politique, les catastrophes naturelles et l’insécurité alimentaire compliquent la gestion des maladies chroniques.
- Le manque d’éducation sanitaire freine la prévention et la reconnaissance des symptômes.
Comprendre le diabète pour mieux le prévenir
Le diabète de type 2, majoritaire en Haïti, est souvent lié à des facteurs modifiables : sédentarité, surpoids, alimentation déséquilibrée, stress chronique. Il peut également être aggravé par des facteurs génétiques et environnementaux. Dans ce contexte, la prévention reste le levier le plus efficace pour freiner l’épidémie.
Des initiatives locales encore insuffisantes
La Fondation Haïtienne de Diabète et de Maladies Cardiovasculaires (FADIMAC) mène des campagnes de sensibilisation et de dépistage, mais les moyens restent limités. L’intégration du diabète dans les priorités nationales de santé publique est encore incomplète. Les efforts de la FADIMAC visent à :
- Promouvoir une éducation sanitaire adaptée
- Offrir des dépistages gratuits
- Encourager une alimentation locale plus saine
Un appel à l’action
Le diabète n’est pas une fatalité. Il est possible d’agir à plusieurs niveaux : en sensibilisant les communautés, en valorisant les aliments traditionnels comme l’igname ou la patate douce, et en encourageant l’activité physique, même à petite échelle. Les médias locaux, les écoles et les organisations communautaires ont un rôle essentiel à jouer dans cette mobilisation.
Lyly Sory Ades
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp

