Aujourd’hui, nous nous inclinons devant la vie de Murielle Leconte, « Minouche », et déjà les mots semblent trop faibles pour contenir l’ampleur de sa lumière. Son départ laisse un vide que rien ne peut combler, un silence où le monde entier semble suspendu, comme en attente de son rire et de sa présence lumineuse.
Murielle n’était pas seulement une amie : elle était une sœur de cœur. Je me souviens des journées entières passées chez elle, de ses repas préparés avec amour, de sa manière de faire de chaque moment un espace de joie et de complicité. Le jour de mon mariage, c’est elle qui a fait la décoration, transformant chaque instant en un rêve vivant. Ces gestes d’affection et de générosité sont autant de trésors que je garderai toujours précieusement dans mon cœur.
Je me souviens des années 90, ces années folles où Haïti respirait la joie de vivre à pleins poumons. Les rues vibraient de musique, de rires et d’espérance. C’est dans cette effervescence que Murielle, pinceau en main, façonnait la magie. Chaque étoffe devenait un poème, chaque couleur une mélodie, chaque création un souffle de rêve pour toute une génération. Elle ne vêtissait pas seulement les corps : elle habillait les âmes, illuminant notre jeunesse de son éclat et donnant à nos vies la grâce et la poésie qu’elle insufflait dans son art.
Murielle n’était pas seulement une pionnière de la mode haïtienne : elle était une sœur d’âme, un cœur généreux battant au rythme du courage, de la tendresse et de la joie. Même loin de sa terre natale, loin de ceux qui l’aimaient, sa lumière n’a jamais faibli. Son énergie, sa créativité et son amour continuent de vibrer en chacun de nous, dans chaque souvenir, dans chaque éclat de couleur, dans chaque éclat de rire partagé.
Son esprit demeure parmi nous, éternel et lumineux. Il flotte dans l’air comme un souffle tiède, caressant nos cœurs, rappelant que la beauté, la générosité et le courage ne meurent jamais. Murielle nous a appris que l’art est un langage de l’âme et que la vie, même fragile, peut être une œuvre d’éclat et de lumière.
Adieu, Minouche. Que ton âme s’élève, libre et radieuse, portée par la mémoire de ceux qui t’aiment. Que la lumière que tu as semée continue de guider nos pas, douce lampe sur le chemin de l’existence, et que ton souvenir, éternel et vivant, continue d’illuminer nos vies comme tes pinceaux illuminaient le monde.
Emmanuel Jean François
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