Malgré l’annonce de Luis Abinader le 2 octobre 2024, le gouvernement Garry Conille et le CPT n’ont mis en place aucune structure d’accueil pour recevoir les Haïtiens expulsés par la Direction de la Migration de la République dominicaine.
Ce n’est qu’hier, mardi 8 octobre, que le PM Garry Conille, en voyage aux Émirats arabes unis, a passé les instructions au gouvernement pour créer une cellule d’urgence pour accompagner les rapatriés. Dans l’après-midi, le CPT, sous la nouvelle baguette de Lesly Voltaire, a lui aussi fait une convocation d’urgence avec des membres du gouvernement et des organismes autonomes.
La Direction de la migration dominicaine a rapatrié 7217 ressortissants dits haïtiens en 4 jours via Dajabón selon Listin Diario. Ils avaient été arrêtés lors des opérations menées dans les provinces de Santiago, Valverde et Santiago Rodríguez, entre autres.
Débarqués à Ouanamithe, les gens sont livrés à eux-mêmes, ne sachant où aller. La place de Ouanaminthe abrite beaucoup de rapatriés, selon nos sources. Certaines personnes ont touché le sol haïtien pour la première fois dans leur vie. D’autres ne connaissaient pas le département du Nord et n’ont aucune famille pour les recevoir. Ils ont été pour la plupart traqués dans les rues et dépouillés de tous leurs avoirs, sans un sous pour leur permettre d’acheter même une bouteille d’eau.
La population de Ouanaminthe est inquiète aussi pour sa sécurité, car l’État n’a pas non plus identifié les individus rapatriés. Le commissariat de police n’a pas la capacité pour identifier tout ce monde. Certaines personnes ont rapporté avoir en possession une carte de résidence (CEDULA) au moment de leur arrestation et ont quand même été embarquées.
Des organisations de bonne volonté essaient tant bien que mal d’aider avec des moyens limités. Le bureau de l’OIM à Ouanaminthe, chargé de l’accueil des migrants déportés, est dépassé et ne peut pas satisfaire les besoins de l’ensemble des déportés.
Les actions de la République Dominicaine ont été critiquées pour leur manque de respect des droits humains, soulignant les violences et les scènes déshumanisantes lors des rafles et des déportations, d’autant que ce pays est membre de la commission des droits humains des Nations unies.
L’OEA dans une réunion tenue le 8 octobre, a implicitement soutenu la nécessité d’une approche respectueuse des Droits humains dans la gestion des rapatriements. Le représentant d’Haïti à l’OEA, Gandhi Thomas dénonce « une stratégie d’épuration ethnique ».
Le PM Conille a informé avoir passé lui-même (soit 6 jours depuis l’annonce de Luis Abinader) « des instructions pour qu’une cellule interministérielle, incluant le MAÉ, le MHAVE, le MAST, le MICT, le Ministère des Finances et le Ministère délégué aux Affaires humanitaires, s’organise pour coordonner et renforcer une réponse diplomatique et humanitaire. ».
Le calvaire des Haïtiens ne se termine pas, l’eau est bouillante entre le CPT, le PM Garry Conille et la ministre des Affaires étrangères Dominique Dupuy. Ces deux derniers étant en voyage, n’ont pas pu assister à l’installation de Leslie Voltaire comme nouveau Président du CPT. Les torchons brûlaient déjà entre la ministre et Leslie Voltaire par rapport à la participation du CPT dans les rencontres bilatérales à la 79e Assemblée des Nations unies à New York.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp

