Selon ONU Commerce et développement, les perspectives commerciales pour 2025 sont assombries par « d’éventuels changements dans la politique des États-Unis », notamment des droits de douane plus importants qui pourraient perturber les chaînes de valeur mondiales et avoir un impact sur les principaux partenaires commerciaux.
Selon l’agence onusienne basée à Genève, les pays les plus exposés aux changements de la politique commerciale américaine sont probablement ceux qui ont d’importants excédents commerciaux avec le pays et des barrières tarifaires plus élevées.
Sur la base des chiffres de 2023 pour le commerce des marchandises, il s’agit notamment de la Chine (environ 280 milliards de dollars d’excédent commercial), de l’Inde (45 milliards de dollars), de l’Union européenne (205 milliards de dollars) et du Viêt Nam (105 milliards de dollars).
D’autres pays ayant des excédents commerciaux, comme le Canada (70 milliards de dollars), le Japon (70 milliards de dollars), le Mexique (150 milliards de dollars) et la République de Corée (50 milliards de dollars), peuvent également être confrontés à certains risques, bien qu’ils imposent des droits de douane relativement moins élevés sur les importations américaines ou qu’ils aient conclu des accords commerciaux avec le pays.
La trajectoire incertaine du dollar américain et les changements de politique macroéconomique aux États-Unis ajoutent aux préoccupations commerciales mondiales. La CNUCED exhorte les pays en développement à adopter des politiques ciblées qui favorisent la diversification du commerce.
Vers un pic record du commerce mondial
Plus globalement, le commerce mondial devrait atteindre un niveau record de près de 33.000 milliards de dollars en 2024, avec une augmentation de 1.000 milliards de dollars due en grande partie à une hausse de 7 % du commerce des services. Le commerce mondial croît de 3,3 % en 2024, sous l’effet d’une hausse de 7 % du commerce des services.
Les économies développées ont tiré la croissance du troisième trimestre, la stabilité de la demande ayant entraîné une hausse de 3 % des importations et de 2 % des exportations.
En revanche, les économies en développement sont confrontées à un ralentissement de la croissance des échanges. Traditionnellement de puissants moteurs du commerce mondial, les pays en développement ont été confrontés à des vents contraires en 2024, avec une contraction des importations de 1 % et une baisse du commerce Sud-Sud de la même ampleur au troisième trimestre.
Malgré ces défis, les économies en développement ont encore la possibilité de tirer parti des secteurs à forte croissance. Le commerce des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’habillement ont fait un bond, avec des augmentations de 13 % et 14 %, respectivement, au troisième trimestre 2024. Cette croissance souligne le potentiel de diversification et d’entrée dans les industries à valeur ajoutée. La stabilité des prévisions de croissance mondiale et la baisse de l’inflation offrent également la possibilité de renforcer la résilience de l’économie en 2025.
« Le commerce reste la pierre angulaire du développement durable », a déclaré Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de la CNUCED. « Pour saisir les opportunités en 2025, les économies en développement ont besoin d’un soutien coordonné pour naviguer à travers l’incertitude, réduire les dépendances et renforcer leurs liens avec les marchés mondiaux ».