Port-au-Prince, 28 janvier 2026. Dans une note rendue publique ce mercredi, le Forum des Anciens Premiers Ministres d’Haïti (FAPM) exprime sa “tristesse” et sa “grande préoccupation” face à ce qu’il qualifie de matérialisation d’une nouvelle crise politique, à la veille de l’expiration officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le 7 février 2026.
Selon le FAPM, une majorité de conseillers-présidents aurait adopté une résolution portant révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, avec la désignation intérimaire du ministre de l’Économie et des Finances, dans l’attente d’un nouveau chef de gouvernement issu d’un consensus politique en cours de négociation.
Si l’organisation reconnaît que le CPT conserve juridiquement la compétence d’opérer un tel changement jusqu’à la fin de son mandat, elle s’interroge néanmoins sur les motivations, l’opportunité politique et les conséquences institutionnelles d’une décision prise à moins de quinze jours de l’échéance. Une initiative qui, selon le Forum, contribue à “une nouvelle poussée de fièvre” dans un système de gouvernance déjà fragilisé.
Le FAPM souligne que la résolution ne peut produire d’effets juridiques tant qu’elle n’est pas publiée au Moniteur, le journal officiel de la République. Or, cette formalité resterait bloquée en raison du refus du coordonnateur du CPT Laurent Saint-Cyr de transmettre le document aux autorités compétentes. Ce dernier aurait par ailleurs été aperçu publiquement à plusieurs reprises aux côtés du Premier ministre annoncé comme révoqué, alimentant la confusion institutionnelle.
L’organisation déplore également que des annonces diffusées via les réseaux sociaux et des messages WhatsApp aient remplacé les canaux officiels de communication de l’État, affaiblissant davantage la crédibilité et la souveraineté institutionnelle du pays.
Le Forum dresse un constat sévère de la situation, une série de “victoires à la Pyrrhus”, avec trois conséquences majeures :
Un CPT capable de réunir les votes nécessaires pour une révocation, mais exposé à de lourdes conséquences politiques après le 7 février ;
Un Premier ministre qui demeure en fonction malgré une révocation de fait, mais dont la légitimité politique serait fragilisée, reposant essentiellement sur des arguments juridiques ;
Une communauté internationale dont le soutien est de plus en plus contesté, tant dans sa cohérence que dans son efficacité.
Pour le FAPM, affronter les défis majeurs de l’année 2026 dans un tel climat d’incertitude serait “imprudent, voire dangereux”.
Face à cette impasse, l’organisation appelle à un “ultime dépassement collectif” afin de rechercher une sortie de crise cohérente et responsable, capable de préserver ce qui subsiste de la souveraineté nationale et de garantir une transition apaisée.
Le Forum, présidé par l’ancien Premier ministre Evans Paul, se dit disposé, aux côtés d’autres acteurs nationaux, à faciliter un processus de médiation si celui-ci s’avère nécessaire.
La rédaction
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