Port-au-Prince, les 2 et 3 mars, l’Hôtel Karibe a accueilli deux journées de formation stratégique réunissant une cinquantaine de médias haïtiens autour des responsables de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) et de la nouvelle Force de Suppression des Gangs (GSF). Le Quotidien 509 a répondu à l’invitation et se propose de mettre à nu les réalités de cette transition : de la MSS à la GSF. L’objectif principal de cette double séance est d’assurer une communication fluide et cohérente autour de la transition officielle de la MSS vers la GSF, dans un contexte sécuritaire toujours critique en Haïti.
Clarifier la transition : de la MSS à la GSF
À tour de rôle, l’officier kényan Jack Ombaka, responsable de la communication de la MSS, et l’officier jamaïcain Adrian Hamilton, ainsi qu’un expert policier du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ont exposé les fondements juridiques et opérationnels de cette évolution.
S’appuyant sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies — notamment les résolutions 2699, 2751 et 2793 — les intervenants ont tenu à établir une distinction claire entre les deux missions.
Selon leurs explications :
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La MSS avait pour mandat principal d’accompagner et de soutenir la Police nationale d’Haïti (PNH), en intervenant en appui logistique et opérationnel.
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La GSF, en revanche, disposera d’un mandat plus robuste et plus autonome, lui permettant de conduire ses propres opérations, tout en maintenant une coordination avec la PNH.
Cette précision vise à dissiper toute confusion persistante au sein de l’opinion publique et dans les médias concernant le rôle réel de la nouvelle force.
5 000 officiers attendus d’ici septembre
Les responsables ont annoncé un engagement significatif : le déploiement progressif de 5 000 officiers d’ici septembre.
Contrairement à la MSS, dont les actions étaient étroitement alignées sur celles de la PNH, la GSF agira de manière plus indépendante sur le terrain, avec des capacités élargies d’intervention directe contre les groupes armés.
Cette montée en puissance devrait s’appuyer :
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sur les ressources logistiques et humaines des pays contributeurs,
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sur une meilleure connaissance du terrain haïtien acquise ces derniers mois,
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et sur une coordination renforcée entre partenaires internationaux.
Une mission « plus robuste » face à une crise persistante
Les intervenants ont reconnu que la situation sécuritaire en Haïti demeure extrêmement préoccupante. L’expérience accumulée par la MSS dans un environnement qualifié de « chaotique » a permis d’identifier les limites du modèle d’accompagnement simple.
La GSF ambitionne ainsi de franchir une nouvelle étape en adoptant une posture plus proactive dans la lutte contre les gangs, tout en respectant le cadre des droits humains, élément souligné par l’expert du Haut-Commissariat des Nations unies.
Dialogue renforcé avec les médias
Ces deux journées de formation marquent une volonté d’ouverture envers la presse nationale selon les organisateurs. Les responsables ont insisté sur la nécessité d’une information rigoureuse et responsable afin d’éviter les malentendus susceptibles d’alimenter la désinformation. La transparence dans la communication constitue un levier essentiel pour restaurer la confiance du public dans les efforts de stabilisation, selon eux.
Alors que la transition vers la GSF s’amorce officiellement, les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité de cette nouvelle architecture sécuritaire. L’engagement annoncé de 5 000 officiers et l’élargissement du mandat opérationnel représentent un tournant stratégique dont les retombées seront scrutées de près par la population et la communauté internationale.
Marc Arthur Paul
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