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12 juin 2024

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Seulement 18 millions de dollars sont déposés dans le fonds de l’ONU pour la mission multinationale en Haiti

ByLe Quotidien 509

23 mai 2024
Roger LeMoyne and U.S. CDC Manifestant dans les rues de Port-au-Prince en Haïti déchiré par la crise.

Au cours des trois premiers mois de l’année, l’ONU a déclaré que 2.500 personnes, dont au moins 82 enfants, ont été tuées ou blessées à la suite des violences commises par les gangs.

Près de la moitié des victimes ont été touchées par des balles lors d’attaques violentes contre leur quartier ou d’affrontements entre les gangs et la police.

Au moins 438 personnes ont été enlevées contre rançon au cours de la même période.

Selon les Nations Unies, quelque 362.000 personnes – dont la moitié sont des enfants – ont été contraintes de fuir leur domicile parce qu’il était trop dangereux d’y rester.

Les violences sexuelles et les abus contre les femmes et les filles sont en augmentation, et des dizaines de milliers d’enfants ne peuvent pas aller à l’école en raison de l’insécurité.

Qui soutient l’aide à la sécurité ?

La police nationale haïtienne (PNH) n’est pas en mesure de contenir totalement la flambée de violence, et l’armée haïtienne est trop peu nombreuse et n’est que modestement équipée.

Tout le monde s’accorde à dire que l’aide de la communauté internationale est nécessaire pour soutenir la PNH dans ses efforts pour stabiliser la situation et permettre aux Haïtiens de vivre leur vie quotidienne sans craindre d’être victimes de la violence des gangs.

Dès octobre 2022, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a répondu à une demande de l’ancien Premier ministre haïtien Ariel Henry, exhortant les nations à se manifester.

Les Bahamas, le Bangladesh, la Barbade, le Belize, le Bénin, le Tchad, la Jamaïque et le Kenya ont officiellement notifié au Secrétaire général leur intention de fournir du personnel à la mission de soutien.

Le porte-parole de l’ONU a confirmé que d’autres pays avaient exprimé leur intérêt à soutenir la mission, mais que l’ONU n’avait pas encore reçu de notifications officielles à cet effet.

Pourquoi la mise en place de la mission a-t-elle pris autant de temps ?

Au départ, l’un des principaux points d’achoppement était de savoir quel pays se porterait candidat pour diriger une mission qui pourrait s’avérer très compliquée et risquée.

Les médias indiquent que les gangs exercent un contrôle sur environ 80% de la capitale. Un récent accord entre les gangs pour former un front uni contre la mission a encore compliqué la situation.

Le Kenya dirigera la mission. Des fonctionnaires kenyans se sont rendus en Haïti pour s’entretenir avec des dirigeants haïtiens et régionaux, entre autres, au sujet du mandat et de la portée de la mission.

Le Président kenyan, William Ruto, a déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2023 que les Haïtiens « souffraient énormément de l’héritage amer de l’esclavage, du colonialisme, du sabotage et de la négligence », ajoutant que la gestion de la situation en Haïti était le « test ultime de la solidarité internationale et de l’action collective ».

De quel type d’opération s’agit-il ?

Il est important de noter que la mission de sécurité ne sera pas une opération de l’ONU.

Cependant, le Conseil de sécurité a autorisé la mission et a demandé au Secrétaire général de créer un fonds d’affectation spéciale pour canaliser les contributions volontaires à l’opération.

Fin avril, un porte-parole des Nations Unies a confirmé que 18 millions de dollars avaient été déposés dans le fonds par le Canada, la France et les États-Unis.