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Petrocaribe : le remboursement des 500 millions de dollars au Venezuela suscite des interrogations

29 février 2024

Le remboursement impromptu et apparemment intempestif des 500 millions de dollars au Venezuela suscite des interrogations au niveau de la population haïtienne laissée pour compte par le Gouvernement Ariel Henry, en panne de vision et de leadership. 

Alors qu’Haïti fait face à une crise pluridimensionnelle sans précédent : insécurité, violence, viol de femmes, viol d’adolescents et d’adolescentes, kidnapping, assassinat, guerre des gangs, migration, crise humanitaire, crise économique, choléra, …. ; 

Alors que l’Etat haïtien est incapable de trouver les fonds nécessaires pour équiper adéquatement la Police nationale d’Haïti et l’Armée pour maîtriser l’expansion des gangs armés qui terrorisent la population depuis bientôt plus de 3 ans ; 

Alors que certains réservistes de l’armée américaine d’origine haïtienne et aux dires de certains experts dont un groupe de la diaspora estiment qu’entre 20 à 50 millions de dollars suffiraient amplement pour résoudre les problèmes d’insécurité actuelle ;

Alors que l’Administration de Ariel Henry n’arrive pas à payer les arriérés de salaire des agents de la fonction publique, mettre les moyens financiers nécessaires au service de la justice, payer à temps les policiers, ….

Alors que les Américains peinent à faire accepter par le Congrès le décaissement de 200 millions de dollars comme appui à la force multinationale autorisée par l’ONU. 

Alors que les Nations Unies (ONU) ont du créer un fonds d’affectation spéciale destiné à recueillir 237,55 millions de dollars de contributions de donateurs que le Kenya a déclaré avoir besoin pour le déploiement, ainsi que pour l’équipement de ses troupes d’intervention. 

Alors que le Plan de réponse humanitaire de l’ONU pour Haïti prévoit 674 millions de dollars afin de venir en aide à 3,6 millions de personnes dans le pays.

Alors que la Caricom et les Etats-Unis pressurent les autres pays sensibilisés à contribuer  financièrement pour aider Haïti à se relever à travers la mission multinationale d’appui à la sécurité. 

Alors que le Canada a décidé de verser 123 millions de dollars canadiens répartis en 80,5 millions pour la mission multinationale et 42.5 milions pour 5 projets.

Alors que le Japon a promis 14 millions de dollars pour la force multinationale. 

Alors que la représentante de la France aux Nations Unies Mme NATHALIE BROADHURST a informé, le 25 janvier dernier, que son pays a apporté une contribution de 3 millions d’euros au fonds fiduciaire dédié, ainsi que 850 000€ destinés à la formation en français et en créole des policiers de la mission multinationale via l’Organisation internationale de la francophonie, en dehors de son appui direct à la police haïtienne.

Alors que le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guteress et les pays amis d’Haïti frappent à toutes les portes pour trouver les fonds nécessaires permettant à Haïti de refaire surface.

Et, comme un cheveu sur la soupe, le 23 Février 2024, le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela informe (avec satisfaction) l’aboutissement du processus de recouvrement et d’encaissement d’une dette réduite d’un montant de 500 millions de dollars américains (US$500,000.000.00), provenant de la fourniture d’hydrocarbures à Haïti dans le cadre de l’accord de coopération énergétique Petrocaribe; 

Un remboursement, dans cette conjoncture que personne n’a vu venir, sauf les négociateurs sous le boisseau. 

Haïti rentre en négociation avec le Venezuela sur la dette PETROCARIBE. 

En fait, cette négociation n’est pas une mauvaise chose car même si les dirigeants de ce pays avaient dilapidé ce fonds et se sont enrichis personnellement, l’Etat haitien a l’obligation de payer la dette.

L’ancien ministre de la Justice, Me Camille Leblanc croit, que  “le moment est inopportun. Verser cinq cents millions de dollars américains pour une dette qui ne devrait pas être la priorité de l’heure relève d’une démarche malveillante et frise la corruption.”

Selon le dernier rapport du Programme Alimentaire Mondiale (PAM) 44% des Haïtiens sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë et ont du mal à nourrir leur famille.

Cet argent aurait dû être utilisé, entre autre, pour relancer des chantiers de l’agriculture et éviter cette menace grave. 

De plus, ce choix n’est pas innocent, poursuit l’avocat. Des ristournes de dix pour cent (10%) sont prévues pour alimenter les corrompus et probablement aussi ceux qui ont déjà participé au détournement desdits fonds.

Le dernier rapport de l’IPC produit par le Gouvernement haïtien, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et d’autres partenaires, indique que 4,35 millions d’Haïtiens sont et seront confrontés à une sérieuse insécurité alimentaire entre août 2023 et février 2024.

Un rapport de l’ONU du 22 janvier 2024  informe que le nombre d’homicides signalés a augmenté de 119,4% en 2023 par rapport à 2022 soit 4 789 victimes de l’insécurité, dont 465 femmes, 93 garçons et 48 filles, soit un ratio de 40,9 homicides pour 100 000 habitants, contre 2 183 en 2022, soit un ratio estimé à 18,1 homicides pour 100 000 habitants ». Le nombre de personnes enlevées a aussi augmenté, passant de 1 359 en 2022 à 2 490 en 2023, soit une augmentation de 83%.

Ici en Haïti, on se demande quelles sont les motivations réelles du PM Ariel Henry pour avoir autorisé, dans la crise actuelle et sans légitimité de fonction, ce paiement pendant que le Venezuela est de nouveau sur la ligne rouge avec les américains qui eux-mêmes sont actuellement à la recherche de fonds pour la mission multinationale d’appui à la sécurité.

Jusqu’à ce jour le Ministère de l’Economie et des Finances ainsi que la Banque de la République n’ont pas publié de communiqué officiel sur ce dossier. La primature a fait savoir que les deux pays s’étaient entendus de garder confidentiel le processus de cette opération, alors que le montant a déjà été versé. A croire que l’Etat haïtien ne comptait pas réellement informer sa population. 

Est-on en train de nous indiquer pourquoi on a  limogé le Gouverneur Jean Baden Dubois? Qui a négocié ce paiement ? Quels sont les termes de référence de cet accord ? Qui sont les bénéficiaires directs et indirects des faramineuses commissions qui accompagnent cette insolite transaction? 

Après la finalisation des travaux d’ingénierie et de réaménagement de la Villa d’Accueil pour loger les bureaux du Premier Ministre, qui ont couté aussi quelques millions de dollars non encore justifiés, le citoyen lambda se questionne sur ces dépenses faites par Ariel Henry qui auraient dû être affectées à d’autres fins dans cette conjoncture.

Avec ces paiements inopportuns on se demande si l’ONU a raison d’inviter les autres pays à prendre une action urgente pour Haïti  « Nous avons besoin d’une action urgente, nous avons besoin d’un financement urgent, et nous espérons que les États membres continueront à faire leur part du travail, et même plus » a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Le ver est donc dans le fruit nous attendons avec impatience les explications du gouvernement et des autorités monétaires du Pays. 

La Rédaction

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