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14 juin 2024

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Ariel et la démission… Pression et risque de compromission pour l’Opposition

Ariel a présenté sa démission, s’écrit-on sur les réseaux sociaux ! Devons-nous nous réjouir ou gémir ? Attention ! L’heure n’est pas aux émotions mais plutôt à la réflexion. Il nous faut poser des questions et la première adressera le choix des mots utilisés hier par le PM tweeté mais empêché et disqualifié -pour le moment.

Pour l’édification, nous citons « gouvènman map dirije ya » repris trois fois par Ariel. De plus, il mentionne que l ‘idée d’avoir un « Conseil présidentiel » est une décision prise par son gouvernement. Il ajoute que son gouvernement restera en place jusqu’à l’installation d’un Premier Ministre et d’un autre gouvernement. Bref, est-ce pour « acheter ou gagner du temps » ? Est-ce pour l’alimentation de la confusion ? Sont-ce les paroles des maîtres ou des filous autour de lui qui veulent laisser un flou en attendant de trouver une solution pour assener un autre coup au peuple ? Jusqu’à preuve du contraire, il est un bouche-trou pour ceux qui le retiennent à Porto-Rico. De plus, Il ne peut se permettre de dire quoi ce soit sans la permission ou l’aval de ceux qui le maintiennent hors du pays.  Est-ce un nouveau pas de danse dans la contredanse des dilatoires ? Ouvrons les yeux !

En effet, signalons quelques faits : Le Kenya confirme de plus en plus que cette affaire de déploiement de policiers en Haïti est plutôt une « Mission Impossible » – si jamais elle était vraiment voulue. Que s’est-il réellement passé au Kenya ? Kenya joue certainement un rôle dans les derniers évènements. Il faudrait élucider ce qui n’a pas marché entre Ruto, Ariel et les Etats-Unis ? Ou encore, en quoi consiste la contribution de Ruto, président du Kenya, dans ce « melting pot », ce marasme (soit pour ou contre Ariel ou même pour ou contre les Etats-Unis, ou même  pour lui et son pays) ? D’un autre côté, les médias américains annoncent sans équivoque la démission d’Ariel ? Est-ce là une autre forme de manipulation de l’esprit pour calmer les esprits et nous endormir ? Et alors, pourquoi l’étranger met-il tout en œuvre pour qu’il n’y ait pas de pertes dans son camp. Il renforce et sécurise, assure l’évacuation ou le transport des siens ! Soyons vigilants !

 Nous ne pouvons ni ne devons parler de démission. Avait-il été choisi, nommé par le peuple haïtien ? Celui qui nomme est celui qui révoque ou qui demande la démission ? Ses patrons sont-ils absolument sûrs de n’avoir plus besoin de ses services ? Ont-ils déjà trouvé un autre mollusque ou d’autres capable(s) de le remplacer ? Il leur faut un individu avec des squelettes cachés dans son placard, notons-le bien.

 Est-ce une occasion de s’unir pour partager et recueillir les idées neuves et efficaces qui nous mettront sur la voie d’une bonne gouvernance ? Très certainement ! Ariel partira…sans aucun doute, mais il faut éviter que les mêmes rats continuent de faire le jeu de l’étranger. S’ils restent au milieu de vous, ils vous rongeront petit à petit. Entre autres, l’étranger ne devrait-il pas être un observateur et non un acteur ? Et pourquoi est-il celui qui aujourd’hui encore, ordonne, intimide, menace et donne des ultimatums. Pourquoi confier le soin de nos blessures à celui qui nous les inflige ! Soyons sérieux ! Tant que nous ne comprenons pas qu’il faut agir en « pays majeur » nous aurons toujours, étant mineurs, des tuteurs qui « feront nos malheurs ».

Depuis très longtemps et surtout ces deux dernières années, nous vivons dans la tristesse à cause de l’étroitesse d’esprit et de la petitesse des dirigeants. La peur qui s’est installée dans notre pays, dans nos quartiers, dans nos maisons, dans nos vies grandit de plus en plus ; les gouvernants (étrangers et locaux) ont laissé leurs sbires- les chefs de gangs et leurs recrus semer la terreur qui crée cette torpeur au sein de la partie saine de la société…. Par ailleurs, ne faut-il pas se demander pourquoi le chef de gang (G9) entre et sort dans la vie du pays comme il veut ? Et pourquoi fait-il des siennes de façon bien ponctuelle ? Et pourquoi il paraît, disparaît et reparaît sans inquiétude alors qu’il est recherché- « sur papier » ? A-t-il un « job » bien spécifique- celui de garder le peuple dans l’effroi ? Qui donc est son véritable employeur ? Se rappeler qui l’avait encouragé et supporté !

Pendant plus de 24 mois les nouvelles déconcertantes ont déprimé certains, subjugué d’autres et certainement nous ont réprimés toutes et tous. Nous ne trouvons pas les mots justes pour décrire tous les maux des enfants du pays, les épreuves subies par le peuple. Qui, au niveau de la population, à moins d’avoir un lien avec les gangs comme Ariel, et tous ses acolytes- anciens parlementaires, ministres, avocat(s) du peuple, HCT, secteur marchand des affaires, secteur devenu très impopulaire, etc… n’a pas été affligé ?

Ariel nous a fait boire du fiel et le goût amer ne nous quittera pas de sitôt. Ariel nous laissera et pourtant les temps difficiles ne seront pas à leurs termes, ils continueront de se renouveler si nous ne travaillons pas à changer la mentalité de l’haïtien pour faire de ce dernier un vrai citoyen chez lequel le sens du patriotisme, la signification du nationalisme, de l’idéal commun trouvent, leur concrétisation, se matérialisent. Les moyens pour y arriver ne sont pas faciles certes, mais si tout le monde s’y met et cela de manière civique, intègre, tout en gardant la morale comme boussole, laissant de côté les mauvaises inclinations, l’amour du pouvoir ou l’esprit de gain rapide, nous arriverons à voir le bout du tunnel. Actuellement, les ténèbres très épaisses nous menacent encore toutes et tous, et rien ne nous reste …sinon un pays à récupérer, une souveraineté à rapatrier.

Même lorsqu’Ariel n’est plus, les racines qui l’ont produit sont bien profondes. Il nous faut retrouver les souches et les extirper de la terre d’Haïti en ayant une vision et une mission nationales qui ciblent l’injustice, l’inégalité, la pauvreté et qui nous permettent de bâtir un vrai contrat social basé sur et respectant des lois justes, les droits humains, excluant toutes mauvaises tendances tels l’obscurantisme, l’absolutisme, le gangstérisme, le clanisme, la corruption- un vrai consensus qui fait et assure la promotion du pluralisme, du civisme, de l’inclusion et de tout ce qui favorise un développement durable et un maintien de la paix. Ces concepts ne seront pas prononcés du bout des lèvres mais sortiront du cœur contrairement à ce dont nous avons été témoins dans « l’apparition d’Ariel Henry qui a disparu bien vite ».

Ariel n’est pas en Haïti mais ceux qui l’ont « pondu » sont encore bien présents et ils nous forcent à accepter l’inacceptable pour nous compromettre et pour que nous n’ayons plus rien à leur reprocher. Sachons « qu’un morceau de pain sec et la tranquillité associée à la dignité valent mieux qu’un poste dans un conseil présidentiel « seulement en présentiel » dans un pays qui n’a pas sa place sous le ciel des nations respectées ». Combien les repères d’antan qui faisaient notre fierté à l’échelle internationale nous manquent ! Le chemin à parcourir est long mais si nous avons la volonté de redresser l’échine, de ne pas dormir en chemin, de ne pas utiliser la politique de la trahison et de la traitrise, si nous marchons côte- à -côte, la main dans la main et en regardant dans la même direction, en chassant du milieu de nous tout ce qui nous divise et nous désunit, tout ce qui est contraire à notre loi mère, tout ce qui nous rend dépendants et mentalement esclaves,  la route deviendra un raccourci très rapidement.

Gardons en mémoire nos déboires, non pas pour consommer et boire de l’amertume constamment et faire du « sur place » mais pour qu’ils nous servent de moteurs et nous exhortent à nous relever chaque fois que nous tombons et avons peur, pour continuer à avancer. Les tribulations passées ou présentes seront pour nous des leçons pour l’avenir d’Haïti et le nôtre. Les difficultés auxquelles nous avions dû faire face ou que nous confrontons actuellement nous rendront plus forts et plus résilients, nous aideront à développer de nouvelles tendances, compétences et perspectives et nous permettront à mieux apprécier et servir notre pays.

Dieu ne laissera jamais périr ses enfants… Le malheur nous atteint souvent mais Dieu nous en délivre toujours- contrairement aux méchants dont le salaire est la ruine.

Dr. Winie E. Robin

camelotlancelot@yahoo.com

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