Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, effectuera le mardi 16 juin 2026 une visite officielle en Haïti afin d’évaluer directement l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire provoquée par la violence des gangs, selon les informations communiquées lors du briefing quotidien des Nations unies du 8 juin 2026 par le porte-parole adjoint Farhan Haq.
Cette visite, la deuxième du chef de l’ONU en Haïti après celle de juillet 2023, se veut avant tout une mission de solidarité avec la population haïtienne, particulièrement les femmes, les enfants et les familles déplacées par les violences armées.
Selon les Nations unies, António Guterres rencontrera des hommes, des femmes et des enfants dont les vies ont été bouleversées par l’insécurité grandissante qui frappe Port-au-Prince et plusieurs régions du pays, notamment l’Artibonite.
L’objectif affiché est également de constater sur le terrain les défis humanitaires et sécuritaires auxquels Haïti fait face, alors que le pays enregistre désormais près de 1,5 million de déplacés internes, un chiffre record selon les agences onusiennes, selon le briefing.
Durant son séjour à Port-au-Prince, António Guterres doit examiner les efforts déployés par les autorités haïtiennes et la communauté internationale pour tenter de restaurer la stabilité dans le pays, l’appui logistique et opérationnel fourni par les Nations unies à la Gang Suppression Force, dans le cadre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité, ainsi que les mécanismes de soutien coordonnés par le nouveau Bureau d’appui des Nations unies en Haïti.
Le chef de l’ONU devrait également rencontrer le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que plusieurs partenaires humanitaires impliqués dans la réponse à la crise.
Mais plusieurs zones d’ombre entourent déjà ce déplacement.
La visite intervient aussi quelques jours après la crise entre la Primature et le Conseil électoral provisoire (CEP) autour du décret électoral et de la nomination d’Uder Antoine.
Malgré les accusations d’ingérence formulées par plusieurs conseillers électoraux, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) avait été la première structure internationale à féliciter publiquement le gouvernement pour la publication du décret électoral dans Le Moniteur.
De plus, le communiqué officiel précise que le chef de l’ONU transitera par la République dominicaine et devrait rencontrer les autorités de Santo Domingo. En revanche, aucune précision n’est donnée sur le temps qu’il passera réellement en Haïti ni sur le lieu où il passera la nuit du 16 juin avant son retour à New York le 17 juin.
Cette discrétion alimente des interrogations alors que Santo Domingo apparaît de plus en plus comme le centre diplomatique régional du dossier haïtien.
Ces dernières semaines, plusieurs signaux ont renforcé cette impression : la visite du vice-secrétaire d’État américain Christopher Landau en Haïti puis en République dominicaine, le report de la mission des émissaires de la CARICOM à Port-au-Prince, ou encore la multiplication des consultations internationales autour de la frontière dominico-haïtienne.
Derrière la visite humanitaire annoncée par l’ONU, une question demeure donc : cette mission d’évaluation est-elle réellement centrée sur Haïti… ou la République dominicaine est-elle devenue le véritable nœud stratégique des discussions internationales sur l’avenir haïtien ?
La rédaction
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