L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé la suspension temporaire de ses activités hospitalières à Cité Soleil en raison de la recrudescence des violences armées dans la zone. Cette décision intervient après de violents affrontements entre groupes armés survenus du samedi 9 au dimanche 10 mai, ayant provoqué un important bilan humain et de nouveaux déplacements de population.

Selon la cheffe de mission de MSF-France en Haïti, Davina Hayles, au moins une cinquantaine de personnes blessées par balles ont été recensées au cours de ces violences. Elle a confirmé qu’un membre du personnel de MSF avait également été atteint par une balle perdue.
Mme Hayles a indiqué que cette suspension demeurera en vigueur jusqu’au retour d’un climat sécuritaire plus stable dans la commune. Elle a toutefois souligné qu’un centre médical situé dans le quartier de Brooklyn continue d’assurer des soins d’urgence aux habitants de Cité Soleil.
La responsable humanitaire a aussi salué le soutien du Centre Ambulancier National (CAN) ainsi que celui de l’Hôpital La Paix, qui prennent en charge une partie des patients évacués.
Les affrontements armés, relancés durant le week-end dans plusieurs secteurs de la plaine du Cul-de-Sac, notamment à Duvivier, Terre Noire et Pierre 6, ont poussé des centaines de familles à fuir leurs domiciles. Des riverains de cez zones ont abandonné leurs maisons sous les tirs nourris des groupes armés.
De nombreuses familles déplacées ont trouvé refuge dans à « Carrefour 3 Mains », sur la route de l’aéroport. Femmes, enfants et personnes âgées vivent désormais dans des conditions extrêmement précaires, exposés au soleil, avec pour seuls biens quelques valises et objets récupérés à la hâte. Jusqu’à présent, aucune assistance significative des autorités étatiques n’a été signalée par les déplacés.
Réagissant à cette nouvelle flambée de violence, l’ancien ministre de la justice et de la sécurité publique, Me Lucmane Delille, a appelé la population à se mobiliser afin d’empêcher, a-t-il dit, « l’effondrement du pays ».
Le dirigeant de l’organisation « Debout Citoyen » a dénoncé la gestion des autorités de transition et critiqué les importantes dépenses engagées pour des opérations de sécurité sans résultats concrets contre les chefs de gangs.
De son côté, l’ancien député Vickens Dérilus a estimé que les autorités haïtiennes ne démontrent aucune réelle volonté de résoudre la crise sécuritaire qui frappe notamment le département de l’Artibonite.
Il a plaidé pour des opérations ciblées contre les bases des groupes armés et demandé davantage de transparence sur l’utilisation des drones dans les opérations de sécurité menées dans la région.
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