Santo Domingo — La République dominicaine accélère sa stratégie autour des terres rares et des minéraux critiques. En septembre, le pays a signé deux accords, l’un avec l’Union européenne le 6 septembre, l’autre avec les États-Unis le 10 septembre.
Un cadre de coopération avec les États-Unis
Signé par le chancelier Víctor « Ito » Bisonó Haza et l’ambassadrice américaine Leah F. Campos, l’accord vise à renforcer la sécurité des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et terres rares.
Il prévoit notamment l’identification de projets communs, la facilitation de leur financement et une coopération couvrant l’ensemble de la chaîne, de l’extraction au traitement.
La Chancellerie dominicaine précise toutefois que ce cadre constitue un plan politique et programmatique non contraignant juridiquement.
Pour Santo Domingo, l’enjeu est de transformer ses ressources minières en davantage de valeur économique tout en préservant les intérêts nationaux.
L’Union européenne finance des études à Pedernales
Quatre jours auparavant, la République dominicaine et l’Union européenne avaient signé une déclaration conjointe concernant des études scientifiques sur les terres rares, le gallium et le scandium dans la Réserve fiscale minière Ávila, à Pedernales.
Le projet bénéficie d’un financement de 538 709,50 euros et associe notamment l’Université de Barcelone.
La réserve, créée en 2018, couvre environ 14 876 hectares. Les travaux comprennent des études géologiques, géochimiques et géophysiques, ainsi que des forages, analyses métallurgiques et évaluations environnementales.
Plus de 150 millions de tonnes annoncées
En février 2026, le président Luis Abinader avait annoncé la présence de plus de 150 millions de tonnes de dépôts bruts de terres rares.
Ce chiffre doit toutefois être distingué de réserves minières certifiées. Le ministère de l’Énergie et des Mines prévoit une première estimation formelle des ressources entre décembre 2026 et janvier 2027, avant d’éventuelles déclarations de réserves.
L’Empresa Minera Dominicana (EMIDOM), créée en 2024, participe au développement du projet.
Un enjeu stratégique mondial
La montée en puissance de la République dominicaine intervient alors que les terres rares sont devenues un enjeu majeur de souveraineté économique et industrielle.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine représentait en 2024 environ 60 % de la production minière mondiale de terres rares destinées aux aimants, 91 % du raffinage et près de 94 % de la production d’aimants permanents frittés.
Pour Santo Domingo, les accords avec Washington et Bruxelles ouvrent ainsi une nouvelle étape dans la valorisation de son potentiel minier.
La rédaction
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