Port-au-Prince, 2 septembre 2025 — La mer des Caraïbes est devenue un point chaud de tensions géopolitiques, mêlant États-Unis, Venezuela, Haïti et Guyana, avec des implications régionales et économiques majeures.
Déploiements militaires et réactions du Venezuela
Alors que Washington et Caracas sont à couteaux tirés depuis des années, ce déploiement militaire intervient alors que le président américain intensifie la pression sur Nicolás Maduro, doublant début août à 50 millions de dollars la prime offerte pour toute information menant à son arrestation pour trafic de drogue.
Les États-Unis ont renforcé leur présence dans le sud des Caraïbes, déployant sept navires de guerre, dont destroyers lance-missiles, un croiseur et un sous-marin nucléaire,
En effet, selon le magazine “The Economist” Le groupe de préparation amphibie Iwo Jima et la 22e unité expéditionnaire de marines ont quitté la station navale de Norfolk le 14 août. La force comprend plus de 4 500 marins et marines sur trois navires : Le navire d’assaut amphibie de classe Wasp, l’USS Iwo Jima, et les navires de transport amphibie de classe San Antonio, l’USS San Antonio et l’USS Fort Lauderdale.
Effectivement, Washington avait annoncé dernièrement l’envoi de trois destroyers Arleigh Burke au large des côtes vénézuéliennes. Un responsable américain a précisé à l’AFP que Donald Trump avait également décidé de déployer le croiseur USS Lake Erie et le sous-marin d’attaque nucléaire USS Newport.
Officiellement, cette opération vise à lutter contre les cartels de drogue, mais Maduro y voit une tentative de renversement de son régime.
Cette opération suscite des inquiétudes, car selon CNN, de nombreux observateurs américains s’attendaient davantage à ce que Trump tente de contrer Maduro sur la base des résultats du scrutin plutôt que de se baser sur « un prétexte de drogue ».
Réponse du Président Maduro
Lors d’une conférence de presse le 1er septembre 2025, Maduro a réaffirmé son rejet de ce déploiement et dénoncé ce qu’il considère comme une tentative d’imposer une nouvelle forme de colonialisme et de suprématie américaine en Amérique latine. Il a assuré que la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB), en parfaite union civilo-militaire, est prête à défendre le territoire et la sécurité des citoyens, et a mobilisé plus de 4,5 millions de miliciens, ainsi que des navires de guerre et des drones.
Le président vénézuélien a également critiqué la politique menée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, avertissant que toute tentative de changement de régime par la force serait vaine et que le peuple vénézuélien, fidèle à ses valeurs historiques et à sa mémoire coloniale, se lèverait pour défendre sa souveraineté. Maduro a souligné que le Venezuela avance vers plus d’inclusion, de tolérance et de débat public, malgré la pression de l’impérialisme.
Visite de Marco Rubio dans la Caraïbe
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a été reçu le 29 Août 2025 au siège de SOUTHCOM, où il a rencontré le commandant Adm. Alvin Holsey et d’autres responsables pour discuter de la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. Rubio a insisté sur la coopération militaire régionale, incluant des missions conjointes avec Guyana et d’autres partenaires.
Aux côtés des États-Unis, Haïti a vu, le 31 Août 2025, un déploiement de militaires américains dans le cadre de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS), officiellement pour protéger les missions diplomatiques et renforcer la stabilité face à l’insécurité locale. Un momentum qui éveille la curiosité.
Le différend Guyana – Venezuela
Guyana, située sur la côte nord-est de l’Amérique du Sud et bordée par la mer des Caraïbes, est au centre d’un différend territorial avec le Venezuela concernant l’Essequibo, une région représentant deux tiers du territoire guyanais et riche en pétrole. Le Venezuela, sous Maduro, revendique cette zone, rejetant l’arbitrage de 1899 et la juridiction de la Cour internationale de justice (CIJ). Des incidents récents ont aggravé les tensions, notamment des intrusions navales vénézuéliennes et des attaques contre des soldats guyanais, ainsi que l’enlèvement de deux citoyens en août 2025.
Soutien international et enjeux économiques
Guyana bénéficie du soutien des États-Unis et du Royaume-Uni, renforçant sa coopération militaire et signant un mémorandum de défense avec Washington en mars 2025. Le pays connaît un boom pétrolier, avec une production de 900 000 barils par jour en août 2025, portée par ExxonMobil, Chevron et CNOOC, et une croissance du PIB de 10,3 % prévue pour 2025.
Élections en Guyana
Selon le média RFI, les citoyens ont été votés pour élire un président le lundi 1er Septembre 2025 et des membres du parlement chargés de superviser les milliards de revenus pétroliers, la production offshore et la coopération avec le consortium international dirigé par les États-Unis, tout en gérant les tensions avec le Venezuela.
Une mer des Caraïbes stratégique et tendue
La mer des Caraïbes reste une zone stratégique en raison des ressources pétrolières offshore et des tensions géopolitiques, exacerbées par les revendications vénézuéliennes et la présence militaire américaine.
La présence de navires de guerre américains dans la mer des Caraïbes a été condamnée par la Colombie, la Bolivie, le Nicaragua et Cuba. Le président colombien Gustavo Petro a mis en garde contre les risques d’une intervention militaire américaine au Venezuela, qui, selon lui, transformerait ce pays en « nouvelle Syrie » et plongerait la région dans un conflit y compris Haïti.
La rédaction
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