La République dominicaine a réaffirmé son dispositif de contrôle migratoire à destination des travailleurs étrangers tout en annonçant un projet national de réintégration des migrants de retour, dans un contexte marqué par plusieurs dossiers sensibles liés à la frontière haïtiano-dominicaine.
Le 11 mai 2026, la Direction générale de Migración (DGM) a rappelé aux entreprises et aux particuliers l’obligation de régulariser le statut migratoire des employés étrangers présents sur le territoire dominicain. Selon le directeur de l’institution, Luis Rafael Lee Ballester, 112 entreprises ont déjà été sanctionnées pour emploi de travailleurs sans papiers.
Les sanctions prévues peuvent atteindre entre 15 et 20 salaires minimums selon la gravité des infractions constatées. La DGM précise que l’obtention du document destiné aux travailleurs temporeros (TT1) exige la vérification préalable de l’entrée légale du salarié dans le pays, ainsi que l’enregistrement du contrat de travail auprès du ministère du Travail et de la Trésorerie de la sécurité sociale (TSS).
Les employeurs sont également tenus d’informer les autorités migratoires en cas de rupture du contrat de travail. Dans le même temps, la DGM poursuit un processus de décentralisation administrative avec l’ouverture et le renforcement de bureaux à Santo Domingo, Punta Cana, Puerto Plata et Santiago afin d’élargir la couverture nationale et d’accroître les capacités de contrôle.
Quelques jours plus tard, le 14 mai 2026, les autorités dominicaines ont annoncé travailler sur un futur modèle national d’accueil et de réintégration des migrants de retour, inspiré d’un programme actuellement appliqué au Guatemala.
La directrice de l’Institut des Dominicains et Dominicaines de l’extérieur (INDEX), Geanilda Vásquez, a effectué une visite officielle au Guatemala les 11 et 12 mai afin d’étudier le « Return to Home Plan », un mécanisme coordonné d’assistance humanitaire et de réinsertion sociale.
Selon les informations communiquées, ce programme comprend un accompagnement médical, administratif et psychosocial des migrants de retour, avec des mesures liées à l’éducation, à l’emploi et à la délivrance de documents officiels. La délégation dominicaine a rencontré plusieurs institutions régionales, dont l’Institut guatémaltèque de la migration, le Secrétariat de l’intégration sociale centraméricaine et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les autorités dominicaines indiquent vouloir adapter certaines pratiques régionales afin de construire un cadre national de prise en charge des migrants revenant au pays, dans un contexte marqué par une pression migratoire croissante dans la région.
Parallèlement à ces annonces institutionnelles, une affaire judiciaire impliquant un ressortissant haïtien et la frontière dominicaine a retenu l’attention des autorités des deux pays.
Le 10 mai 2026, la Police nationale d’Haïti a procédé à l’arrestation du pasteur Arsenio Jiménez à Wanament, près de la frontière avec la République dominicaine. L’homme était recherché depuis 2019 dans une affaire de présumé viol sur mineur.
Selon les autorités haïtiennes, une ordonnance judiciaire émise en 2021 avait déjà ordonné son renvoi devant une juridiction pénale ainsi que son placement en détention préventive. Malgré cette décision, le pasteur aurait continué à résider en République dominicaine, notamment dans la zone de Dajabón, où il exerçait des activités religieuses dans une église locale.
Des informations relayées localement évoquent également la présentation d’un document non confirmé au moment de son interpellation, dans une tentative présumée d’éviter son arrestation. Les autorités haïtiennes n’ont pas encore communiqué de détails supplémentaires sur la procédure judiciaire à venir ni sur d’éventuelles coopérations administratives entre les deux pays dans ce dossier.
Soraya Ades.
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