Port-au-Prince / Santo Domingo, 21 avril 2026 — À peine 24 heures après une initiative américaine sur les investissements portuaires dans les Caraïbes, la République dominicaine hausse le ton sur le respect du droit international maritime, dans un contexte régional de plus en plus sensible.
Dans un communiqué officiel, les autorités dominicaines affirment suivre « avec attention l’évolution de l’environnement international, caractérisé par des défis croissants », soulignant que ces dynamiques affectent directement « la stabilité économique mondiale et l’exercice effectif de la souveraineté des États ».
Le ministère des Affaires étrangères de la République Dominicaine (MIREX) rappelle avec insistance que « le droit à la navigation constitue un principe essentiel de l’ordre international contemporain », en mettant en avant son rôle dans la stabilité et la sécurité internationales.
S’appuyant sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la République dominicaine cite des principes clés :
« la liberté de navigation »,
« le passage inoffensif dans la mer territoriale »,
et « le passage en transit dans les détroits internationaux ».
Elle insiste sur le fait que « Ces droits doivent être exercés dans le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la sécurité des États côtiers » et met en garde contre toute dérive susceptible de compromettre « la stabilité régionale ou l’ordre juridique international ».
Dans un ton ferme, la chancellerie dominicaine réaffirme : « son engagement au respect strict du droit international », et appelle les États à « s’abstenir de toute mesure limitant ou violant la liberté de navigation en dehors des cadres légaux ». « la liberté de navigation est une condition indispensable à la prospérité économique et à la paix ».
Cette déclaration intervient après une annonce du Département d’État des États-Unis, qui a réuni des acteurs maritimes pour renforcer les investissements dans les ports caribéens. Washington a annoncé un appui de 10 millions de dollarspour des infrastructures « résilientes », avec des objectifs économiques et sécuritaires.
Pendant ce temps, Haïti reste silencieux.
Depuis le 6 février dernier, notre rédaction a signalé la présence répétée de navires de guerre américains à proximité des côtes haïtiennes, à quelques milles marins de Port-au-Prince, sans réaction officielle des autorités. Pourtant, le cadre juridique est clair. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer établit que la mer territoriale — jusqu’à 12 milles marins — relève de la souveraineté de l’État côtier.
Mais elle autorise aussi le « passage inoffensif », permettant aux navires étrangers, y compris militaires, de traverser ces eaux, à condition que le passage soit continu, rapide et sans menace.
Dans ce contexte, une question demeure : les mouvements observés au large d’Haïti respectent-ils ce cadre légal ou traduisent-ils une présence stratégique plus marquée ?
Alors que la République dominicaine appelle à des règles « claires, prévisibles et équitatives », le silence haïtien alimente les interrogations sur la gestion de sa souveraineté maritime dans un environnement géopolitique de plus en plus tendu.
La rédaction
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