La République dominicaine a présenté cette semaine plusieurs dossiers touchant à la fois aux questions démographiques, à la prévention des risques naturels et à sa politique régionale envers Haïti.
Selon le rapport sociodémographique 2026 publié par l’Institut des Dominicains et Dominicaines à l’Extérieur (INDEX), plus de trois millions de ressortissants dominicains vivent désormais hors du territoire national. L’étude estime cette population à 3 030 647 personnes, soit une progression de 5,4 % par rapport aux données publiées en 2024.
Les États-Unis demeurent de loin la principale destination de la diaspora avec 2 539 893 ressortissants, suivis de l’Espagne, qui accueille 207 135 Dominicains. D’autres communautés importantes sont également recensées en Italie, au Chili, au Canada, aux Pays-Bas et en France.
Le rapport montre que les femmes représentent 53,5 % de la diaspora, tandis que les personnes âgées de moins de 25 ans constituent 37,2 % de l’ensemble des Dominicains vivant à l’étranger.
L’édition 2026 élargit également son champ d’analyse à 129 pays et territoires, contre un nombre inférieur lors des précédentes publications. De nouvelles destinations comme l’Angola, le Rwanda ou encore le Vietnam figurent désormais dans les statistiques officielles.
À l’échelle régionale, le continent américain concentre plus de 2,7 millions de Dominicains établis hors du pays, tandis que près de 300 000 résident en Europe. Le rapport estime par ailleurs à 2 464 le nombre de ressortissants dominicains vivant en Haïti.
L’INDEX souligne que cette diaspora continue de jouer un rôle important dans les échanges économiques, sociaux et culturels entre la République dominicaine et les pays d’accueil.
Parallèlement à ces données démographiques, des spécialistes ont renouvelé leurs mises en garde concernant la vulnérabilité sismique du territoire dominicain.
Réunis lors d’un panel consacré aux risques naturels, plusieurs experts en ingénierie sismique et structurale ont rappelé que la République dominicaine est située entre la plaque tectonique caraïbe et la plaque nord-américaine, une configuration qui expose le pays à une activité sismique importante.
L’ingénieure Claudia Germoso a indiqué que le territoire compte 18 failles actives, parmi lesquelles les failles Septentrionale et Enriquillo, considérées comme les plus susceptibles de générer des séismes de forte magnitude.
Selon les spécialistes, le dernier grand événement associé à la faille Septentrionale remonte à 1946, une période qui dépasse le cycle de récurrence généralement évoqué pour cette structure géologique.
Les intervenants ont insisté sur le respect des normes parasismiques dans la construction des bâtiments ainsi que sur le renforcement du système national de surveillance géologique.
« Les tremblements de terre ne tuent pas, ce sont les structures qui tuent », a déclaré Claudia Germoso, soulignant l’importance de concevoir des infrastructures capables de résister aux secousses.
Les experts ont également rappelé que des études de microzonification sismique ont déjà été réalisées dans plusieurs villes, notamment à Santo Domingo, Santiago et Barahona, afin d’identifier les zones les plus exposées et d’adapter les normes de construction.
Sur le plan régional, le président Luis Abinader a réaffirmé que la République dominicaine ne participera pas militairement à la Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti.
Dans un entretien accordé le 12 juillet, le chef de l’État a précisé que son gouvernement limite son implication à un soutien logistique, médical et humanitaire, sans déploiement de soldats dominicains sur le territoire haïtien.
Le président a indiqué qu’un canal permanent de communication est maintenu avec la mission internationale afin de faciliter les échanges d’informations et la coordination des actions lorsque cela est nécessaire.
Luis Abinader a également évoqué les mesures prises pour renforcer la sécurité à la frontière, notamment par la modernisation des Forces armées dominicaines, l’acquisition de nouveaux véhicules blindés et d’équipements militaires, ainsi que l’amélioration des conditions salariales des militaires affectés aux zones frontalières.
Concernant les relations entre les deux pays, le président a reconnu que les échanges institutionnels demeurent limités en raison de la crise que traverse Haïti, rappelant qu’une grande partie de Port-au-Prince reste sous l’influence de groupes armés.
Soraya Ades
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