Le ministère de l’Environnement veut placer les communautés au cœur de la restauration du couvert végétal haïtien. Autour du thème « Un engagement communautaire pour une Haïti verte », le ministère de l’Environnement (MdE), à travers la Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables (DFER), en partenariat avec le MARNDR et avec l’appui de la FAO, du PNUD et du FED, a officiellement lancé la Stratégie nationale de reforestation communautaire.
Lors de cette activité, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a rappelé que la restauration des écosystèmes constituent une priorité nationale. Elle conditionne notamment l’accès à l’eau, la fertilité des sols, la production agricole, la protection de la biodiversité et la résilience des territoires.
Le Représentant du directeur général du ministère de l’Environnement, a annoncé que le lancement sera suivi par d’autres ateliers dans les départements, afin d’impliquer les acteurs locaux dans la mise en œuvre de la stratégie.
Il a également appelé les partenaires techniques et financiers, les associations de base et les organisations écologistes à renforcer leur engagement. Selon lui, cette stratégie doit notamment servir à orienter les nouvelles interventions dans le secteur forestier et favoriser une mobilisation collective à travers tout le pays.
De son côté, le ministre de l’Agriculture, Marcelin Aubourg, a également établi un lien direct entre restauration du couvert arboré, relance agricole, sécurité alimentaire et disponibilité des ressources en eau, particulièrement pour les populations rurales.
De plus, le directeur de la DFER, l’agronome Eder Audate, a présenté plusieurs objectifs à atteindre d’ici 2031 : restaurer plus de 50 000 hectares de paysages dégradés, mettre en place ou renforcer 100 pépinières communautaires dans les dix départements, impliquer plus de 50 000 ménages et porter la couverture forestière à plus de 6 % par rapport au niveau de référence de 2019.
La stratégie mise ainsi sur le Konbit, en faisant de la participation communautaire un pilier de la reforestation. L’objectif est de transformer les interventions environnementales en investissements contribuant également à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et aux conditions de vie des populations.
Mais au-delà des objectifs annoncés et des engagements pris, une question demeure : comment garantir que cette nouvelle stratégie survivra aux lancements officiels, aux ateliers et aux déclarations de circonstance ? Entre la dégradation accélérée des écosystèmes, les contraintes institutionnelles, le manque de moyens et la faible continuité de certaines politiques publiques, le véritable défi sera désormais de transformer les hectares annoncés, les pépinières et la mobilisation communautaire en résultats mesurables sur le terrain.
Pour Haïti, l’enjeu ne sera donc pas seulement de planter des arbres, mais de faire durer le Konbit.
La rédaction
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