Le Département d’État américain a publié mardi son rapport 2026 sur la transparence fiscale, dans lequel Belize, la République dominicaine, Haïti et le Suriname figurent parmi les 67 gouvernements dans le monde jugés en dessous des normes minimales de transparence budgétaire. Sur 139 gouvernements et une entité évalués, seuls 73 ont été jugés conformes. Ce rapport n’a rien de ponctuel : le Congrès américain exige cet examen chaque année, précisément pour vérifier que l’aide étrangère financée par les contribuables américains est correctement surveillée.
Haïti : le dossier le plus sévère des Caraïbes
Parmi les quatre pays cités, c’est le dossier haïtien qui ressort comme le plus problématique. Haïti a bien rendu publics son budget adopté et son rapport de fin d’exercice, mais pas sa proposition de budget exécutif. Plus grave encore : le rapport constate que le gouvernement gère des comptes hors budget, sans réel contrôle ni audit — de l’argent qui circule pratiquement sans surveillance. L’institution supérieure de contrôle des finances publiques du pays ne répond pas non plus aux critères d’indépendance internationaux, et elle a gardé ses conclusions par-devers elle plutôt que de les publier. Les contrats de marchés publics n’ont pas été divulgués non plus. Le message de Washington à Haïti est clair : éliminer les comptes hors budget ou les soumettre à un audit rigoureux, et faire preuve de transparence.
Belize, République dominicaine, Suriname : ce qui cloche ailleurs
- Belize a publié son budget adopté, son rapport de fin d’exercice et ses données sur la dette, mais a tardé à divulguer sa proposition de budget exécutif. Son institution d’audit manque également d’indépendance et ne publie pas ses conclusions à temps.
- La République dominicaine s’en tire le mieux des quatre pays caribéens cités : budget exécutif, budget adopté et rapport de fin d’exercice publiés en temps voulu, avec des informations jugées fiables. Seul bémol : l’indépendance insuffisante de son institution supérieure de contrôle.
- Le Suriname possède, lui, une institution d’audit véritablement indépendante — une exception parmi les quatre. Mais le secteur minier pose problème : les lois existent pour l’attribution des contrats d’extraction, mais ne semblent pas appliquées, et les informations sur les concessions minières ne sont pas publiques. Son fonds souverain, bien que légalement encadré, reste vide.
Pourquoi ce rapport de transparence fiscale compte pour les Caraïbes
Selon le Département d’État, la transparence budgétaire influence directement la compétitivité des entreprises américaines à l’étranger, en réduisant les risques de corruption et en protégeant contre les prêts prédateurs liés à une dette mal divulguée. Le moment choisi n’est pas neutre non plus : ces quatre pays sont déjà sous surveillance sur d’autres fronts — la crise du MV Barima au Guyana, ou encore la fin du statut TPS pour Haïti et la hausse des vols de déportation qui en découle.
Le rapport complet est consultable sur le site du Département d’État : 2026 Fiscal Transparency Report.
La rédaction
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