Alors que Gianni Infantino vient de plier face à la fronde mondiale, le Qatar sort du bois. Et il ne le fait pas à demi-mot.
Ce samedi 1er août, alors que le président de la FIFA annonçait l’abandon de son projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, la Fédération qatarie de football (QFA) a choisi de réaffirmer son soutien total à Infantino. « La Fédération qatarie de football soutient pleinement les efforts du président Infantino pour continuer à faire grandir et à renforcer de manière globale le jeu », a déclaré son président, le cheikh Hamad bin Khalifa bin Ahmed Al-Thani.
Le message est clair. Même si le Qatar salue officiellement le retrait de la proposition « FIFA Forward Enterprise » « dans l’intérêt de la communauté footballistique globale », il ajoute immédiatement que « la proposition avait du mérite ». Autrement dit : on aime l’idée, on regrette juste le timing et la manière.
Un projet qui a tout fait exploser
Rappel des faits. Infantino voulait créer une filiale valorisée à 20 milliards de dollars, céder environ 20 % à des investisseurs privés (avec des liens évoqués du côté de Thrive Capital et de Joshua Kushner) et lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars pour « développer le football ».
Résultat : une levée de boucliers quasi unanime. UEFA (menace de boycott), Concacaf, AFC… Les grandes confédérations ont dit non, dénonçant une privatisation de l’âme du football et un projet concocté dans le plus grand secret.
Infantino a dû battre en retraite. Isolé comme rarement, critiqué jusque dans ses propres rangs, il a perdu en quelques jours une bonne partie de son capital politique.
Et le Qatar dans tout ça ?
Le Qatar, lui, n’a pas bougé. Pays hôte du Mondial 2022, allié de longue date d’Infantino, il reste l’un des rares soutiens affichés. Avec la CAF et quelques fédérations isolées, il forme un petit club de ceux qui ne ferment pas complètement la porte à l’idée de faire entrer le capital privé dans le plus grand événement sportif de la planète.
Ce soutien rappelle les liens étroits tissés entre Doha et Zurich depuis plus d’une décennie. Liens d’intérêts, de pouvoir… et d’argent. Pendant que l’Europe s’indigne et que l’Amérique du Nord rejette le projet, le Qatar envoie un signal clair : Infantino n’est pas seul. Et la commercialisation à outrance du football a encore des défenseurs bien placés.
Une fracture qui ne se refermera pas facilement
Le retrait du projet ne règle rien. Au contraire. Il laisse un goût amer, des questions de gouvernance ouvertes et une UEFA qui continue de mettre la pression (jusqu’à évoquer une motion de défiance). Infantino arrive à la fin de son règne affaibli, et le Qatar, une fois de plus, se positionne comme un acteur incontournable des équilibres de pouvoir au sein de la FIFA.
Vendre des parts de la Coupe du monde n’était peut-être pas qu’une idée farfelue. C’était le révélateur d’un football de plus en plus éloigné de ses racines populaires, où les intérêts financiers et géopolitiques pèsent toujours plus lourd que le jeu.
La rédaction
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