Un succès diplomatique revendiqué par la Primature
Dans un communiqué publié le jour même, le gouvernement a qualifié la prorogation d’« avancée importante » dans les efforts de rétablissement de la sécurité. Il la présente comme le résultat direct du plaidoyer du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui avait appelé avec fermeté, lors de son passage aux Nations Unies, au renouvellement du mandat et à l’accélération du déploiement opérationnel de la Force.
Le chef du gouvernement a toutefois rappelé que l’appui international doit « accompagner, et non remplacer » le renforcement des capacités nationales. Selon la Primature, plus de 2 000 policiers ont déjà achevé leur formation, tandis que 1 500 nouveaux soldats ont rejoint les Forces armées d’Haïti. L’objectif affiché est de porter l’effectif de l’armée à 15 000 soldats d’ici trois ans.
Le gouvernement réaffirme sa volonté de consolider les institutions nationales afin qu’Haïti puisse, à terme, assurer pleinement sa propre sécurité et exercer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire. « Le combat pour la sécurité continue. L’État haïtien est déterminé à le gagner », conclut le communiqué.
L’OEA appelle à un déploiement « sans délai »
Le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, a lui aussi salué une « étape importante », tout en estimant que « la priorité doit désormais être la mise en œuvre immédiate ». Il a exhorté les membres de la communauté internationale ayant promis du personnel à la Force à le déployer sans attendre. Les pays qui ne sont pas en mesure de fournir des effectifs peuvent, selon lui, apporter un soutien essentiel, notamment en matière de transport et de logistique.
M. Ramdin a insisté sur la nécessité de doter la FRG du personnel, de l’équipement, du financement et des capacités opérationnelles nécessaires pour affronter les gangs armés, appuyer les institutions sécuritaires haïtiennes et rétablir la sécurité dont la population a urgemment besoin.
Sur le plan politique, le secrétaire général a appelé l’ensemble des partis et acteurs haïtiens à s’engager de manière positive et constructive pour créer les conditions d’élections crédibles et du rétablissement des institutions démocratiques. « Les engagements doivent maintenant se traduire par une action coordonnée et des résultats concrets pour le peuple haïtien », a-t-il déclaré.
Des attentes élevées
Cette prorogation de six mois offre un nouveau délai à la communauté internationale et aux autorités haïtiennes. Mais, de Port-au-Prince à Washington, le message converge : sans déploiement effectif des troupes promises ni moyens suffisants, le renouvellement du mandat risque de rester symbolique pour une population toujours confrontée à la violence des gangs.
La rédaction
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