Miami. Près de cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse dans sa résidence privée de Pèlerin 5, le procès fédéral en cours aux États-Unis dévoile progressivement les mécanismes internes d’un complot international. Le FBI resserre l’étau sur la défense.
Après plusieurs jours d’audiences marquées par des témoignages clés, les journées 8 et 9 confirment une tendance lourde : la matérialisation progressive du complot. Une accélération nette, entre preuves scientifiques et révélations troublantes.
Retour sur un crime aux ramifications internationales
Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, Jovenel Moïse est assassiné à son domicile à Pétion-Ville par un commando armé. Très vite, l’enquête révèle :
- l’implication de mercenaires étrangers, notamment colombiens
- le rôle central d’une société basée en Floride : CTU
- des connexions directes entre Haïti et les États-Unis
Selon les éléments présentés au procès, cette structure basée à Doral aurait joué un rôle clé dans la planification logistique de l’opération. Depuis, le dossier est devenu un symbole des failles sécuritaires majeures et des luttes d’influence en Haïti — une lecture régulièrement approfondie par Le Quotidien 509.
RÉVÉLATION — « Le Président a dit qu’il est très fort »
Selon une publication du compte X @realalertehaiti (Alerte Haïti), relayée par Reginald Delva (Ex-secrétaire d’Etat à la Sécurité publique sous Michel Martelly, lors du 9e jour du procès, un élément troublant a été présenté devant les jurés. L’agente spéciale du Federal Bureau of Investigation, Cindy Barrois, membre de l’équipe d’intervention sur les preuves (ERT), a détaillé les découvertes faites lors d’une perquisition dans les bureaux de la CTU à Doral, en Floride.
Parmi les documents récupérés — certains ayant été partiellement détruits — un texte particulièrement inquiétant a été lu à haute voix :
« Les deux chefs de sécurité sont-ils capables de s’occuper de Dimitri ? Parce que le Président a dit qu’il est très fort. »
Ce document :
- était initialement rédigé en espagnol
- a été partiellement détruit
- évoque une cible précise et une discussion opérationnelle
Cette mention relance directement la piste de Dimitri Hérard, ancien responsable de la sécurité présidentielle.
Une arme identifiée : un tournant majeur dans le procès
De plus, poursuit Alerte Haïti, au 8e jour, l’expert en balistique du FBI, Theodore Chavez, fort de 17 ans d’expérience, a livré un témoignage clé. Selon lui :
Deux balles de calibre 5.56 × 45 mm.
Extraites du corps de Jovenel Moïse par le médecin légiste Jean Armel Demorcy,
proviennent d’une seule et même arme
Cette arme a été identifiée comme un fusil PA-15 de Palmetto State Armory.
Des objets banals devenus preuves clés
Les jurés ont également découvert des éléments en apparence ordinaires :
Un morceau de ruban adhésif fixé sur un fusil de type AR-15
Une sangle attachée à un fusil Remington 870
Ces objets, présentés au tribunal de Miami (Wilkie D. Ferguson Courthouse), sont désormais considérés comme des pièces à conviction majeures par l’accusation.
LES QUESTIONS QUI RESTENT
L’enquête entre désormais dans une phase décisive :
- Qui a acheté le fusil PA-15 en Floride ?
- Qui l’a transporté jusqu’en Haïti ?
- Qui l’a utilisé le soir du crime ?
- Qui coordonnait les équipes sur le terrain ?
- Qui était présent dans la chambre présidentielle ?
- Et surtout : qui a donné l’ordre final ?
Le témoignage de Theodore Chavez a visiblement déstabilisé la défense.
La rédaction
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