Le 4 septembre 2025 – Les États-Unis et le Panama ont présenté devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 28 Août 2025, un projet de création d’une nouvelle force internationale de 5 550 membres, dotée du pouvoir d’arrêter et de détenir les membres de gangs en Haïti. Cette initiative vise à renforcer la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) dirigée par le Kenya, actuellement affaiblie par un manque de financement et d’effectifs.
Dans sa déclaration, l’ambassadrice américaine Dorothy Shea a rappelé que « l’expansion territoriale des gangs menace de saper les progrès réalisés par la Police nationale haïtienne et par la mission MSS ». Elle a également exhorté les pays membres à contribuer davantage, soulignant que Washington ne peut assumer seul le poids de cette mission.
La proposition américano-panaméenne prévoit la transformation de la MSS en une « Force de suppression des gangs », composée de 5 500 militaires et 50 civils, pour une durée initiale de 12 mois. Cette force serait chargée de :
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mener des opérations ciblées contre les gangs ;
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sécuriser les infrastructures stratégiques (aéroports, ports, écoles, hôpitaux) ;
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appuyer les autorités haïtiennes dans la lutte contre le trafic d’armes et la corruption.
La mission kényane, autorisée par le Conseil de sécurité en 2023, devait initialement déployer 2 500 soldats. Mais plus d’un an après l’approbation, moins de 1 100 militaires sont effectivement présents en Haïti, freinant les résultats attendus. Beaucoup d’Haïtiens expriment donc leur scepticisme quant à l’efficacité d’une nouvelle alliance, même élargie au Panama, après l’échec partiel du leadership conjoint des Etats-unis et de l’Équateur sur le dossier la première fois.
Au-delà de cette initiative sécuritaire, les relations entre Haïti et le Panama reposent sur des échanges diplomatiques et commerciaux traditionnels. Le pays d’Amérique centrale est une destination prisée par les commerçantes haïtiennes connues sous le nom de « Madan Sara », qui y importent divers produits.
Cependant, le Panama a longtemps maintenu une politique migratoire stricte à l’égard des ressortissants haïtiens. Jusqu’à récemment, même les voyageurs disposant de visas valides pour les États-Unis, le Canada ou l’espace Schengen devaient obtenir un visa de transit pour passer par le Panama, rendant les déplacements particulièrement contraignants.
Un tournant ne s’est produit que le 25 août 2025 : selon la Gaceta Oficial Digital (réf. n° 30350), le Panama a officiellement levé l’obligation de visa de transit pour les Haïtiens. Cette mesure met fin à une règle qui plaçait Haïti, au même titre que Cuba, dans une catégorie de traitement migratoire plus restrictive, établie par le décret exécutif n° 521 d’août 2018.
Les lenteurs des déploiements passés, la méfiance persistante d’une partie de la population haïtienne et le passif migratoire entre Port-au-Prince et Panama City interrogent. Cette nouvelle alliance pourra-t-elle réellement changer la donne dans la lutte contre les gangs et la stabilisation du pays ?
La rédaction
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