La frontière entre la République dominicaine et Haïti fait l’objet de plusieurs mesures de surveillance et d’intervention, à la fois sur le plan sécuritaire et sur celui des infrastructures transfrontalières. La Direction générale de la migration (DGM) a annoncé le renforcement de ses mécanismes de contrôle après la diffusion d’informations faisant état de la présence présumée sur le territoire dominicain d’Esther Thomas, alias Nice B, recherchée par la justice haïtienne.
La DGM indique toutefois qu’aucun rapport officiel ne confirme à ce stade sa localisation en République dominicaine. En réponse aux informations disponibles, les autorités dominicaines ont activé leurs mécanismes de coordination avec les organismes de sécurité du pays. Des unités de renseignement ont notamment été déployées dans les ports, les aéroports et les principaux postes frontaliers.
En Haïti, la Police nationale accuse Esther Thomas d’assassinat, de tentative d’assassinat et d’association de malfaiteurs. Un mandat d’arrêt a été émis par la justice haïtienne le 5 septembre 2026. Les autorités haïtiennes la présentent comme une personne dangereuse et armée. Dans ce contexte, la coordination entre les deux pays constitue l’un des principaux dispositifs mobilisés par les autorités dominicaines pour vérifier les informations relatives à son éventuelle présence sur le territoire.
Cette surveillance accrue intervient alors que la République dominicaine poursuit parallèlement le renforcement physique de sa frontière avec Haïti. Le ministre dominicain de la Défense, Carlos Fernández Onofre, a affirmé que le mur frontalier affichait une efficacité de 95 % dans les zones considérées comme vulnérables.
Selon le ministre, les vols de bétail, de véhicules et de motocyclettes auraient « pratiquement disparu » dans les secteurs protégés par la barrière. Cette appréciation intervient alors que les travaux se poursuivent sur plusieurs portions de la ligne frontalière, longue de 391 kilomètres.
Au total, 54,5 kilomètres de mur physique sont en cours de construction, selon les données communiquées par les autorités dominicaines. Un premier tronçon de 25 kilomètres, situé entre Manzanillo et La Sal, dans la province de Dajabón, est achevé. Les travaux se poursuivent également sur 13 kilomètres supplémentaires en direction de Capotillo.
D’autres segments sont prévus ou en construction dans les provinces d’Elías Piña, sur trois kilomètres, d’Independencia, sur 5,5 kilomètres, et de Pedernales, sur huit kilomètres. Le dispositif s’inscrit dans la politique dominicaine de contrôle de sa frontière avec Haïti.
Au-delà des questions de sécurité et de migration, l’état des infrastructures reliant les deux pays constitue également un enjeu pour les échanges quotidiens. Les autorités dominicaines et haïtiennes ont ainsi procédé à une inspection du pont binational reliant Dajabón à Juana Méndez, après plusieurs reportages de Diario Libre faisant état de sa détérioration.
La gouverneure de Dajabón, Severina Gil Carreras, a souligné que d’éventuels travaux de réparation nécessiteraient l’accord des deux pays. Son homologue haïtien, Daniel Germain, a pour sa part confirmé la volonté de coopération de son gouvernement sur ce dossier.
L’état du pont suscite également des inquiétudes parmi les acteurs économiques de la zone. Les commerçants Abigail Bueno et Noel Fernández ont appelé à une intervention rapide, estimant qu’un incident sur l’infrastructure pourrait compromettre la sécurité des usagers et perturber l’activité économique transfrontalière.
La situation concerne également la rue Gastón Fernando Deligne, principal axe d’accès au passage frontalier du côté dominicain, dont la nécessité d’un réaménagement a été évoquée lors des échanges entre les autorités.
Soraya Ades
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp

