La commune de Kenscoff continue de sombrer dans une spirale de violence qui semble désormais échapper au contrôle des autorités. Elle est sous l’étau de « Viv Ansanm », l’État recule, les gangs avancent, dénoncent les riverains.

Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet, des hommes armés appartenant à la coalition de gangs dénommée « Viv Ansanm » ont lancé une nouvelle attaque contre la localité de Robin, dans la zone de Grand-Fond, faisant plusieurs morts et incendiant de nombreuses habitations.
Au-delà du lourd bilan humain et matériel, cette offensive met en évidence l’incapacité persistante de l’État à protéger une population livrée à elle-même.
Selon le CASEC de la première section Nouvelle-Tourraine, Adrien Alte, les assaillants ont semé la terreur durant plusieurs heures. Si le bilan exhaustif n’est pas encore connu en raison de l’insécurité qui règne dans la zone, il fait état de plusieurs victimes, dont au moins trois personnes qui auraient péri à l’intérieur de la résidence d’un pasteur.
Les bandits ont également incendié une antenne de la Digicel, compliquant davantage les communications dans une région déjà difficile d’accès.
Il indique que les forces de l’ordre, appuyées par des brigadiers, ont tenté de repousser les assaillants, tandis qu’un véhicule blindé s’efforçait de dégager les voies bloquées.
Mais, selon lui, les criminels étaient particulièrement nombreux et bénéficiaient de renforts venus de la commune voisine de Carrefour. Il estime que des moyens plus adaptés, notamment des drones kamikazes, seraient nécessaires pour permettre aux forces de sécurité de reprendre le contrôle du terrain.
Pour sa part, l’ancien maire de Kenscoff, José Joseph, affirme que cette attaque marque un tournant. Robin représentait le dernier secteur reliant les sections communales au Centre-ville qui n’était pas encore sous l’influence directe de la coalition « Viv Ansanm ». Sa chute signifie désormais que l’ensemble de la commune est pratiquement encerclé.
Selon lui, les groupes armés appliquent une véritable stratégie militaire : contrôler progressivement les sections communales avant d’isoler le Centre-ville et préparer son éventuelle prise. Une méthode qui témoigne, selon ses propos, d’une capacité d’organisation inquiétante face à laquelle les autorités semblent constamment réagir avec retard.
José Joseph reproche également aux autorités policières de n’avoir jamais pris en considération les multiples alertes lancées par les représentants de la société civile. Depuis plusieurs mois, ceux-ci réclamaient un renforcement des dispositifs de sécurité afin d’empêcher les groupes armés, leurs armes et leurs munitions de transiter par la commune de Carrefour pour atteindre Kenscoff.
Ces avertissements, affirme-t-il, sont restés sans réponse. Cette absence d’anticipation nourrit aujourd’hui un profond sentiment d’abandon parmi les habitants et alimente les accusations de passivité, voire de complicité de certaines institutions de l’État avec les réseaux criminels.
De telles accusations demeurent graves et nécessitent d’être étayées par des enquêtes indépendantes, mais elles traduisent une perte de confiance croissante envers les autorités.
L’ancien maire rappelle que les habitants de Kenscoff vivent sous la menace permanente depuis le 27 janvier 2025. Les attaques se sont multipliées, provoquant des déplacements de population et une psychose généralisée. Depuis le week-end dernier, la commune est de nouveau ciblée, poussant de nombreuses familles à quitter leurs maisons.
Dans ce contexte, le discours officiel centré sur l’organisation de futures élections apparaît de plus en plus déconnecté des réalités du terrain. Pour de nombreux observateurs, la priorité demeure le rétablissement de la sécurité. Sans protection des populations, sans contrôle effectif du territoire et sans restauration de l’autorité de l’État, toute perspective de retour à la normale risque de rester largement théorique.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp
