Attendu depuis ce matin, l’ancien parlementaire haïtien s’est finalement présenté devant la justice. Nenel Cassy, figure politique issue du parti Fanmi Lavalas et connu pour son opposition farouche à l’ex-président Jovenel Moïse, traverse une trajectoire marquée par les tensions et les controverses. Né le 20 septembre 1972, il est aujourd’hui rattrapé par de lourdes accusations qui le placent au cœur d’un dossier judiciaire sensible.
Déjà visé par des sanctions internationales, une question brûle toutes les lèvres : pourra-t-il retrouver la liberté rapidement ? si oui, quelles seraient les conséquences pour une catégorie au pouvoir ?
2021 : premières arrestations et tensions politiques
Le 21 janvier 2021, lors d’une manifestation de l’opposition à Miragoâne, l’ancien sénateur fut arrêté par le commissaire du gouvernement, Me Jean Ernest Muscadin. Il tentait alors d’obtenir la libération de militants interpellés le même jour. Son incarcération au sous-commissariat de Miragoâne a provoqué une vive levée de boucliers. Des figures de l’opposition comme Me André Michel ont dénoncé un « kidnapping » et exigé sa libération immédiate. Sous pression politique, Cassy fut relâché quelques heures plus tard. Cette arrestation avait provoqué une onde de choc dans l’opinion, d’autant plus qu’André Michel avait, ce même jour, annoncé le lancement du mouvement peyi lòk.
Première convocation criminelle : février 2021
Quelques semaines plus tard, la DCPJ convoque Nènèl Cassy dans le cadre d’une enquête. Le 24 février, il est sommé de se présenter au Bureau des Affaires Criminelles. Cette convocation marquait une escalade judiciaire dans ses confrontations avec le pouvoir en place.
2025 : de l’avis de recherche à l’arrestation
- Février 2025 : un avis de recherche est lancé contre lui pour complot, financement de gangs, association de malfaiteurs et complicité d’assassinat, en lien avec les violences de Kenscoff.
- 17 mars 2025 : il se présente au parquet pour tenter de faire lever le mandat. Ses avocats affirment que sa comparution suffit à l’annuler. Mais le mandat reste actif, et Cassy demeure sous contrôle judiciaire.
- 2 août 2025 : la PNH procède finalement à son arrestation à La Réserve, un restaurant de Pétion-Ville. Après plusieurs mois de cavale relative, il est transféré en cellule.
Opposant ou complice ?
Ces épisodes traduisent une évolution de son profil. Hier symbole de l’opposition harcelée par le pouvoir (2021), Cassy est désormais accusé de soutien actif à des gangs et d’implication dans des activités criminelles graves.
Un homme déjà sous sanctions internationales
Depuis 2023, il figure sur la liste noire du Canada : gel de ses avoirs et interdiction d’entrée pour soutien présumé aux gangs. Les États-Unis l’ont, eux, désigné comme « acteur corrompu », en vertu de la Section 7031(c) du Department of State. Ces sanctions, au-delà du symbole, l’ont isolé de potentiels soutiens diplomatiques.
Réseaux économiques et politiques troubles
Plusieurs sources le présentent comme un homme au carrefour des affaires et de la politique. Proche d’acteurs influents du secteur privé, Cassy aurait entretenu des relais financiers et politiques considérés par certains comme des appuis indirects aux gangs. Mais proximité n’est pas preuve : la justice devra établir la matérialité des faits, en particulier les flux financiers et logistiques.
Un réseau politique encore actif
Malgré son incarcération, Cassy resterait lié à des figures de premier plan :
- Proche du Premier ministre, qu’il aurait aidé à placer son actuel directeur de cabinet.
- En contact discret avec Fritz Alphonse Jean, Ex-président du Conseil présidentiel de transition, pour des conseils politiques sensibles.
- Soutenu par une frange du secteur privé, qui le considère comme une carte politique utile.
Libération prochaine : mission impossible ?
À court terme, ses chances de remise en liberté paraissent minces, compte tenu de la gravité des accusations et du poids des sanctions internationales. Pourtant, son passé de libération expresse (comme en 2021) rappelle que la politique en Haïti reste souvent plus forte que la justice. Ce qui se confirme vu quand l’après-midi du 19 août 2025, il a obtenu sa libération.
La rédaction
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