Le 5 septembre 2025, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a publié un communiqué catégorique : la rentrée scolaire 2025-2026 est fixée au 1er octobre. Toutes les écoles – publiques et privées, catholiques, protestantes, communautaires, autonomes – devront se plier à ce calendrier. Le ministère menace même de sanctions ceux qui ne respecteraient pas ses directives.
Mais une question s’impose, brutale et nécessaire : qui sanctionnera le ministère ?
Un ministère sourd aux drames qu’il couvre
Qui sanctionnera le ministère pour ces enfants morts dans des salles de classe, pris au piège de l’insécurité ?
Qui sanctionnera le ministère pour le meurtre de Zamy Wanderson, ce jeune homme qui attendait ses résultats du baccalauréat avant d’être abattu par l’agent de sécurité… du ministère lui-même ?
Qui sanctionnera le ministère pour ces écoles pillées, incendiées, transformées en repaires de bandits, sous ses yeux et sans réaction ?
Qui sanctionnera le ministère pour le gaspillage du Budget de 47,275,810,127 Gourdes, sans compter les différents milliards provenant des caisses de l’Etat pour soi-disant faciliter des rentrées de classes pendant que les professeurs persistent dans les grêves et réclament leur salaire.
Le MENFP impose des règlements, mais il n’assume aucune responsabilité devant le chaos éducatif qui ravage le pays. D’ailleurs, le ministre a lui déclaré que « l’école est effrondrée ». Qui sanctionnera cette déclaration qui porte un grand coup de marteau à l’éducation haïtienne au niveau International.
Un système éducatif abandonné
Aujourd’hui, des dizaines d’écoles déplacées tentent de survivre. Le Collège Saint François d’Assise, pillé en mars dernier, a perdu tout son mobilier et son bloc administratif. Plus de 700 élèves – toutes des jeunes filles – poursuivent tant bien que mal leur scolarité dans un local de fortune. Pour rouvrir, l’école doit demander de l’aide auprès de ses anciennes élèves, lancer des fundraising et mendier du mobilier scolaire. (Lien pour le GoFundMe: https://gofund.me/e95daa9a. Compte AASFA SOGEBEL en Gourdes (HTG): 3711-13770
Compte AASFA SOGEBEL en Dollars (USD): 1530-110681)
Et que dit le ministère ? Rien. Son message aux écoles parait aussi simple : « Débrouillez-vous, mais ouvrez le 1er octobre. ».
Un cynisme insoutenable. Un ministre sans compassion
Dans ce pays où l’éducation devrait être la priorité absolue, le ministre et son ministère se contentent de jouer aux gardiens d’un calendrier fictif. Aucune compassion, aucune stratégie d’urgence, aucun plan réel pour sauver un système scolaire qui s’effondre sous les balles et les pillages.
Les écoles ferment, brûlent, se déplacent. Les enfants se dispersent. Les enseignants abandonnent. Les parents sont aux abois. Mais le MENFP continue à sanctionner … les victimes. Plus de 600 écoles ont du fermer leur porte selon les données des agences onusiennes. Les écoles de la Zone Pacot-Turgeau-avenue Christophe (zone statégique de l’éducation scolaire) ont été pour la majorité vidées et pillées.
La vraie sanction
Le Ministre Antoine Augustin se veut intransigeant. Mais l’Histoire retiendra son manque de courage, son manque de vision et surtout son manque d’humanité. La sanction viendra, tôt ou tard : elle sera politique, morale et populaire.
Car un ministère qui menace les écoles mais qui reste muet devant les assassinats, l’insécurité et la destruction de ses propres institutions ne mérite ni respect ni obéissance.
La rentrée 2025 n’est pas seulement une date. C’est le miroir d’un État absent et d’un ministère coupable.
Brigitte Benshow
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