Port-au-Prince — Dans une lettre ouverte reçue à la Primature le 26 août 2026, l’Alliance Nationale des Forces Organisées et Solidaires pour Haïti (ANFOS) interpelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé sur le massacre perpétré à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août par la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Le bilan, encore provisoire, fait état d’au moins 45 morts et 23 blessés selon le RNDDH, dans une commune déjà frappée à plusieurs reprises depuis janvier 2025.
ANFOS précise ne « formuler aucune accusation sans preuves », mais réclame une enquête indépendante sur plusieurs points : les autorités savaient-elles qu’une attaque était imminente, qui avait la responsabilité du dispositif de sécurité, quelle chaîne de commandement a été suivie, et quel rôle ont joué la PNH, les Forces armées, la force internationale et d’éventuels contractants armés.
Les questions posées par ANFOS au Premier ministre
Dans sa lettre, ANFOS pour Haïti dit ne « formuler aucune accusation sans preuves », mais réclame l’ouverture d’une enquête indépendante et crédible ainsi que la publication de ses conclusions. L’organisation interpelle directement le chef du gouvernement sur une série de points :
• Les autorités disposaient-elles d’informations faisant état d’une nouvelle attaque imminente ?
• Quelles mesures préventives avaient été prises, et sous quelle responsabilité ?
• Quelle autorité avait la charge du dispositif de sécurité déployé à Kenscoff ?
• Pourquoi les moyens disponibles n’ont-ils pas permis de protéger efficacement la population ?
• Quelle a été la chaîne de commandement avant, pendant et après l’attaque ?
• Quel rôle ont joué la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti, la force internationale et d’éventuelles structures sécuritaires privées ?
• Des mercenaires ou contractants armés ont-ils participé à des opérations dans la zone, et sous quelle autorité ?
L’organisation appelle en outre le gouvernement à présenter un plan concret pour assurer la sécurité de la population de Kenscoff, estimant que « le peuple haïtien est en droit de savoir qui savait, qui devait agir, quelles décisions ont été prises et pourquoi la population n’a pas été suffisamment protégée ».
La lettre, signée par le président d’ANFOS Walsonn Sanon le 25 août 2026, se termine ainsi :
« L’État doit protéger.
L’État doit enquêter.
L’État doit rendre justice.
Et l’État doit rendre des comptes. »
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