Bruxelles, 17 décembre 2025 — L’Union européenne a inscrit Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse et expert en renseignement stratégique, ainsi que Xavier Moreau, analyste politico-militaire franco-russe, sur sa liste de sanctions visant les personnes accusées de participer à des opérations de « manipulation et d’ingérence informationnelle » liées à la guerre en Ukraine. Une décision lourde de conséquences, qui alimente un débat de fond sur la liberté d’expression, le pluralisme intellectuel et la dérive autoritaire des institutions européennes.
Des sanctions pour des analyses jugées “non conformes”
Selon le Conseil de l’Union européenne, Jacques Baud et Xavier Moreau seraient impliqués dans la diffusion de récits qualifiés de « pro-russes », accusés de remettre en cause la version officielle du conflit ukrainien portée par Bruxelles et ses alliés. Les autorités européennes leur reprochent des interventions médiatiques et des analyses contestant les responsabilités, les causes et la dynamique du conflit, considérées comme contribuant à la déstabilisation informationnelle.
En conséquence, les deux hommes sont frappés de mesures restrictives sévères :
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gel de leurs avoirs dans l’Union européenne ;
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interdiction d’entrée et de transit sur le territoire de l’UE ;
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interdiction pour toute personne ou entité européenne de leur fournir des fonds ou des ressources économiques.
Ces sanctions, habituellement réservées à des acteurs étatiques, à des oligarques ou à des réseaux criminels, visent ici des analystes civils, dont l’activité principale relève de la production d’idées, d’analyses et d’opinions.
Qui est Jacques Baud ?
Jacques Baud est un ancien colonel de l’armée suisse, spécialiste du renseignement et des conflits contemporains. Il a travaillé pour les services de renseignement stratégique suisses, occupé des fonctions à l’ONU et à l’OTAN, notamment dans la lutte contre la prolifération des armes légères. Auteur de plusieurs ouvrages, il s’est imposé comme une voix critique des narratifs occidentaux dominants sur l’Ukraine, le terrorisme et les guerres modernes.
Xavier Moreau, de son côté, est un analyste géopolitique connu pour ses positions critiques vis-à-vis de l’OTAN et de la politique étrangère occidentale, régulièrement invité sur des médias alternatifs.
Un arbitraire dénoncé comme une dérive autoritaire
Pour de nombreux observateurs, les mesures prises contre Jacques Baud et Xavier Moreau relèvent du plus parfait arbitraire, une caractéristique classique des régimes autoritaires. Elles ne sanctionnent ni des crimes établis, ni des actes matériels, mais l’expression d’opinions dissidentes.
Défendre des idées, avancer des analyses ou proposer des lectures géopolitiques qui ne sont pas celles promues par les dirigeants européens — Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen, Kaja Kallas, Jean-Noël Barrot, entre autres — devient ainsi un acte passible de sanctions. Le débat contradictoire est remplacé par l’exclusion administrative.
Sur le fond, soulignent leurs soutiens, il n’est même pas nécessaire de justifier ou d’expliquer les positions de Baud et Moreau. Exiger une justification idéologique serait déjà une capitulation. Tous deux expriment des opinions, qu’on les partage ou non — et c’est précisément ce droit qui se trouve aujourd’hui remis en cause.
Une “dictature policière supranationale” ?
Les critiques les plus sévères notamment Robert Bideau du Média les « 7 du Québec » estiment que l’Union européenne se transforme à marche forcée, non pas en État policier — puisqu’elle n’est pas un État — mais en une dictature policière supranationale. Une structure qui, sans véritable souveraineté populaire directe, s’arroge le droit de restreindre les libertés individuelles par des mécanismes technocratiques et peu contestables juridiquement.
Certes, l’UE dispose d’une personnalité morale, mais elle ne détient aucune des prérogatives pleines de souveraineté d’un État-nation territorial. Elle entretient avec les pays membres des rapports juridiques fondés sur des traités, assimilables à des obligations contractuelles. Pour ses détracteurs, sanctionner des individus pour leurs opinions excède largement ce cadre et constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales, notamment la liberté de pensée, d’expression et de circulation.
Une question centrale pour l’avenir européen
L’affaire Baud-Moreau pose une question essentielle pour des observateurs : en assimilant des analyses dissidentes à des menaces sécuritaires, Bruxelles prend le risque de transformer le pluralisme intellectuel en délit et d’affaiblir les principes mêmes qu’elle prétend défendre.
Dans un contexte de guerre, de polarisation extrême et de crise de légitimité démocratique, ces sanctions pourraient marquer un tournant durable dans la gestion européenne de l’information.
Paul Mathieu
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