Port-au-Prince, 27 août 2025 – Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a quitté Haïti le mardi 26 août à destination de Washington pour prendre part, le 27 août, à une réunion tripartite ONU/CARICOM-EPG/OEA sur la stabilité en Haïti.
Les discussions doivent porter sur :
la mise à jour de la feuille de route pour Haïti, coordonnée par l’OEA ;
la tenue de la réunion du Groupe des amis d’Haïti.
La Primature a indiqué que cette présence illustre la volonté du gouvernement de travailler avec les partenaires internationaux pour consolider la stabilité politique et relancer l’économie.
Un choix symbolique : le président du CPT reste en Haïti
Selon certaines sources proches du dossier, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT) Laurent St-Cyr a préfèré rester en Haïti et a chargé le PM Didier Fils-Aimé de représenter officiellement le pays à Washington.
Des manœuvres pour fragiliser la Primature
Ce voyage intervient alors que la Primature est confrontée à un contexte politique empoisonné par les rumeurs et les luttes d’influence. Si Washington a déjà exprimé un appui discret qui a permis au Premier ministre de résister à certains membres du CPT, de nouvelles informations laissent entendre que des barons du secteur privé auraient lancé leur propre lobbying pour affaiblir le chef du gouvernement.
Ces rivalités révèlent une guerre silencieuse entre acteurs politiques et économiques, dans laquelle la survie du gouvernement dépend autant des alliances diplomatiques à l’étranger que de la capacité à tenir face aux pressions internes.
L’OEA mobilisée autour d’Haïti
En parallèle, le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, multiplie les initiatives sur Haiti. Le 14 juillet dernier, il avait déjà reçu Didier Fils-Aimé pour une rencontre axée sur la sécurité et les élections. Depuis, il a réuni le Groupe des amis d’Haïti, travaillé avec la CARICOM et échangé avec la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) et la République Dominicaine.
Dans une interview accordée le 27 août au journal Le Nouvelliste, Ramdin a réaffirmé que la crise haïtienne exige une approche coordonnée et dirigée par les Haïtiens, tout en appelant à un soutien international accru. Un discours semblable à celui des Groupes Eminents de la CARICOM.
Une bataille entre diplomatie et survie politique
Alors que Didier Fils-Aimé plaide à Washington pour une relance politique et sécuritaire d’Haïti, le pouvoir reste fragilisé à Port-au-Prince par des jeux d’alliances et de contre-alliances.
Entre feuille de route internationale et manœuvres de déstabilisation locales, le chef du gouvernement marche sur une ligne étroite où chaque pas à l’extérieur doit consolider sa légitimité à l’intérieur.
La rédaction
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