Le témoignage de Martine Moïse, veuve de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, a marqué cette semaine le procès fédéral ouvert à Miami contre quatre hommes accusés d’avoir participé au complot ayant conduit à son assassinat le 7 juillet 2021.
Blessée par balles lors de l’attaque, l’ancienne Première dame a raconté devant le tribunal les circonstances dramatiques de cette nuit où son mari a été tué dans leur résidence privée près de Port-au-Prince.
« Chérie, nous sommes morts »
Selon son témoignage livré mercredi par l’intermédiaire d’un interprète créole, Martine Moïse a expliqué qu’elle s’était couchée vers 22 heures la veille de l’attaque. Elle a été réveillée environ trois heures plus tard par des coups de feu.
Se tournant vers son mari pour comprendre ce qui se passait, elle affirme que celui-ci lui aurait répondu :
« Chérie, nous sommes morts. »
Alors que les tirs continuaient, elle a expliqué s’être déplacée à l’étage inférieur pour vérifier si ses deux enfants adultes étaient en sécurité. Elle est ensuite retournée dans la chambre conjugale où le couple s’est allongé au sol de part et d’autre du lit pour tenter de se protéger des tirs.
Peu après, des hommes armés ont fait irruption dans la pièce et ont ouvert le feu avec ce qui semblait être une arme automatique.
Martine Moïse a indiqué avoir entendu certains assaillants parler espagnol avant que son mari ne soit abattu de plusieurs balles.
Elle-même a été touchée à plusieurs reprises lors de l’attaque.
Blessures graves et transfert d’urgence à Miami
Un médecin de Jackson Memorial Hospital, où elle a été transportée après l’attaque, a témoigné au procès pour décrire la gravité de ses blessures.
Selon ce témoignage médical :
Martine Moïse présentait plusieurs blessures par balles.
Les chirurgiens ont découvert des fragments de bois incrustés dans l’une des plaies.
Elle a été transportée d’urgence à Miami pour subir une opération après avoir reçu des soins initiaux en Haïti.
Pour des raisons de sécurité, l’hôpital l’avait enregistrée sous plusieurs pseudonymes lors de son admission.
Le médecin a également expliqué qu’elle parlait très bien anglais durant son hospitalisation et qu’elle n’avait pas besoin de traducteur, contrairement au tribunal où des interprètes étaient présents.
Témoignage de sa fille Jomarlie Moïse
La fille du couple, Jomarlie Moïse, a également témoigné devant les jurés jeudi.
Elle a raconté qu’elle se trouvait dans la maison familiale lorsque les assaillants ont envahi la résidence.
Elle a expliqué s’être cachée dans une salle de bain avec son frère et le chien de la famille, Delilah, pendant que les coups de feu retentissaient dans la maison. Elle n’a pas été blessée.
La jeune femme a également décrit le dispositif de sécurité entourant la résidence présidentielle :
30 à 50 agents de sécurité présents en permanence
un poste de police à proximité
des points de contrôle routiers
une guérite de sécurité
et plusieurs caméras de surveillance autour de la propriété
Selon elle, la famille devait prévenir les agents de sécurité avant d’arriver afin qu’ils préparent leur entrée.
Accusations et contexte du procès
Le procès se déroule devant la juge fédérale Jacqueline Becerra, qui a réservé plus de deux mois pour l’audition des témoins et la présentation des preuves.
Quatre accusés sont jugés à Miami :
Arcangel Pretel Ortiz
Antonio Intriago
Walter Veintemilla
James Solages
Ils sont accusés d’avoir conspiré dans le sud de la Floride pour kidnapper ou assassiner le président haïtien.
La défense affirme pour sa part que les accusés pensaient participer à une opération légale visant à arrêter un président considéré comme criminel, et pointe du doigt Joseph Félix Badio, ancien fonctionnaire haïtien arrêté en Haïti en 2023, comme le cerveau du complot qui aurait transformé un projet d’arrestation en assassinat.
Une enquête paralysée en Haïti
Parallèlement au procès américain :
17 anciens soldats colombiens
et trois responsables haïtiens
font face à des accusations en Haïti.
Mais l’enquête dans le pays reste largement paralysée par :
la violence des gangs
les menaces de mort
et l’effondrement du système judiciaire.
L’assassinat de Jovenel Moïse a plongé Haïti dans une crise politique et sécuritaire sans précédent, alors que les groupes armés ont depuis renforcé leur emprise sur de vastes zones du pays.
La rédaction
Source Multiple avec APnews et CBS
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