Alors qu’un étudiant de la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP) de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a été blessé par balle à la main lors d’une manifestation réclamant la relocalisation et la réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), le ministre de la Santé publique, le Dr Bertrand Sinal, a choisi de dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation » des étudiants plutôt que de répondre à leurs revendications.

Depuis plusieurs semaines, les étudiants en médecine multiplient les mobilisations pour dénoncer la fermeture prolongée de l’Hôpital général, principal centre hospitalo-universitaire du pays, fermé depuis plus de deux ans en raison de l’insécurité et de la violence des gangs.
Ils estiment que cette situation compromet gravement leur formation clinique et prive les couches les plus vulnérables de la population d’un accès à des soins spécialisés.
La tension est montée d’un cran ce mercredi. Partie du Rectorat de l’Université d’État d’Haïti, à Ruelle Rivière, la marche devait rejoindre la Primature afin d’exiger des engagements concrets du gouvernement. Mais sur la route de Bourdon, un individu circulant à bord d’un véhicule a ouvert le feu pour se frayer un passage à travers le cortège. Un étudiant a été atteint à la main avant d’être transporté vers un centre hospitalier pour recevoir les soins nécessaires.
Malgré cette attaque, les manifestants ont tenté de poursuivre leur mobilisation. Leur progression a toutefois été interrompue par des agents de la Police nationale d’Haïti, qui ont dispersé la foule à coups de gaz lacrymogènes, empêchant le cortège d’atteindre son point d’arrivée.
Pour les étudiants, ces événements illustrent l’absence de volonté des autorités de résoudre le dossier de l’Hôpital général. Ils affirment que, depuis plus de deux ans, les gouvernements successifs promettent une relocalisation sans jamais passer à l’action.
« On nous mène en bateau », dénoncent plusieurs manifestants, qui promettent de poursuivre les mouvements de protestation jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Intervenant quelques heures après les incidents, le ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Bertrand Sinal, a dénoncé l’existence de « mains cachées » derrière la mobilisation estudiantine. Selon lui, les étudiants seraient manipulés. Il a toutefois annoncé qu’une rencontre avec leur comité était prévue dans l’après-midi de mercredi.
Le ministre a également assuré qu’à partir du mois de septembre, les étudiants de la FMP disposeront d’un nouvel hôpital situé à Pétion-Ville pour effectuer leurs stages.
Cette structure, a-t-il précisé, ne remplacera pas l’Hôpital général, mais offrira les mêmes services hospitaliers afin de répondre aux besoins de la population et de la formation universitaire.
Ces nouvelles promesses peinent toutefois à convaincre une partie des étudiants. Depuis la fermeture de l’Hôpital général, les annonces de relocalisation se sont multipliées sans déboucher sur des résultats concrets. Pour les futurs médecins, l’urgence n’est plus aux engagements, mais à l’ouverture effective d’un véritable hôpital universitaire.
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