Le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, a effectué cette semaine une série de visites sur plusieurs points stratégiques de la zone métropolitaine, accompagné de l’inspecteur général Alain Auguste, directeur central administratif et des services généraux (DASG), ainsi que de l’inspecteur général Étienne Jean Maureste, directeur des ressources humaines (DRH).

Selon un communiqué de la PNH, cette opération visait à renforcer les contrôles de sécurité à travers plusieurs secteurs, notamment Cité Okay, l’autoroute de Delmas, Delmas 31, Delmas 33 et Delmas 40B.
Les policiers ont procédé à des vérifications de véhicules et de motocyclettes, au contrôle de l’identité des citoyens, à l’inspection des documents des véhicules, à la vérification des autorisations d’utilisation des sirènes et des vitres teintées, ainsi qu’à l’interpellation de toute personne jugée suspecte ou impliquée dans des activités criminelles.
Toutefois, alors que le haut commandement de la PNH menait ces opérations dans des zones accessibles de Delmas, la violence des groupes armés s’est intensifiée dans d’autres communes de la région métropolitaine.
À Kenscoff, une patrouille de police a été attaquée vendredi matin dans la localité de Viard 2 par des membres de la coalition de gangs « Viv Ansanm ». Selon l’agent exécutif intérimaire de la commune, Jean Massillon, trois policiers ont été blessés et un véhicule blindé de la PNH a été incendié après qu’un cocktail Molotov eut été lancé par les assaillants.
Le responsable communal a indiqué qu’aucun membre des groupes armés n’avait été tué lors de cette attaque. Il a toutefois salué la rapidité de l’intervention des renforts policiers, qui a permis de reprendre le contrôle de la situation et d’éviter des pertes en vies humaines au sein des forces de l’ordre.
Jean Massillon a plaidé pour que les autorités mettent davantage de moyens logistiques à la disposition de la Police nationale afin de poursuivre les opérations contre les groupes armés.
Il a également affirmé que les forces de sécurité ne céderaient « ni à la pression ni à l’intimidation » et qu’elles poursuivraient leurs efforts pour reprendre le contrôle de Kenscoff et y rétablir durablement la paix et la sécurité. Il a insisté sur la nécessité de conduire des opérations continues et minutieusement planifiées.
L’état de santé des trois policiers blessés n’était toutefois pas connu au moment de ses déclarations.
Pendant ce temps, à Cité Soleil, les affrontements entre plusieurs groupes armés ont repris malgré les annonces de la PNH faisant état d’un retour des forces de l’ordre dans ce quartier. Cette recrudescence des violences intervient alors que le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a publié, le jeudi 6 août, un rapport particulièrement alarmant sur la situation sécuritaire.
Selon ce rapport, 613 personnes ont été tuées et 375 autres blessées entre le 6 mars et le 31 juillet 2026 dans les zones de Cité Soleil et de La Plaine. Une grande partie des victimes étaient des civils n’ayant aucun lien avec les groupes armés.
Parmi les personnes décédées figurent 111 femmes et 77 enfants, illustrant une nouvelle fois le lourd tribut payé par la population civile dans la crise sécuritaire qui secoue le pays.
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