Port-au-Prince, le 3 juin 2026 – Le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a officiellement salué, ce mercredi, la promulgation du nouveau décret électoral, la qualifiant d’« étape importante » vers l’organisation d’élections inclusives et crédibles dans le pays.
Dans un message publié sur son compte X, le BINUH exprime son attente pour la publication rapide du calendrier électoral et la mise en œuvre d’autres mesures visant le rétablissement des institutions démocratiques.
« Le BINUH salue la promulgation du nouveau décret électoral comme une étape importante vers la tenue d’élections inclusives et crédibles, dans l’attente de la publication du calendrier électoral et d’autres mesures en faveur du rétablissement des institutions démocratiques », indique le communiqué.
L’organisation onusienne réaffirme par ailleurs son engagement à accompagner le processus électoral haïtien. Elle continuera de coordonner l’appui international aux élections et de soutenir le Conseil Électoral Provisoire (CEP) ainsi que les autorités haïtiennes, conformément au mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité des Nations Unies.
Contexte de tensions entre le Premier ministre et le CEP
Cette déclaration du BINUH intervient dans un climat de fortes tensions entre le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le CEP. Le mardi 2 juin 2026, à l’issue d’une rencontre d’information convoquée par le chef du gouvernement, le CEP a publiquement exprimé son désaccord avec le décret électoral adopté par l’Exécutif.
Selon le Conseil électoral, le texte présenté par la Primature est « totalement différent » du projet qu’il avait lui-même soumis à l’Exécutif le 24 avril 2026. Le CEP dénonce une démarche « inconstitutionnelle » qui viole son principe d’indépendance, rappelant que l’initiative d’élaboration du décret relève de sa compétence exclusive.
Parmi les points de divergence figurent notamment des dispositions qui, selon les critiques, renforceraient le contrôle de l’Exécutif sur le CEP (comme la nomination d’un directeur général par arrêté en Conseil des ministres) et modifieraient des critères d’agrément des partis politiques. Le CEP affirme que ces changements remettent en cause son autonomie et la crédibilité du processus électoral.
De son côté, la Primature a indiqué que des échanges ont eu lieu sur le décret et les mécanismes de financement, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à accompagner le CEP pour des élections crédibles.
Des élections sont notamment évoquées pour août 2026 ou plus tard.
Le Moniteur est attendu.
La rédaction
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