Port-au-Prince – 14 novembre 2025. Ce qui fut autrefois un symbole de protection des droits fondamentaux est aujourd’hui devenu le théâtre d’une détresse humaine alarmante. L’ancien siège de l’Office de Protection du Citoyen (OPC), situé au 381, route de Bourdon, accueille près de 8 000 déplacés internes, répartis en 1 600 familles, ayant fui les violences des gangs armés. L’organisation Gardien_Citoyen (GACI) y dénonce des violations graves et répétées des droits humains.
Lors d’une visite effectuée le 5 novembre 2025, GACI a constaté des conditions d’extrême précarité : rigoles d’eaux usées traversant la cour, zones de repos installées dans l’insalubrité et présence d’un marché informel au cœur même du site. Cette promiscuité expose les occupants à de graves risques sanitaires et épidémiques. Des jeunes filles mineures sont contraintes de se laver dans des conditions indignes, parfois à la vue d’hommes étrangers, les exposant à des violences sexuelles et à des grossesses précoces.
Selon les données fournies par le responsable logistique, Louis Juste, seul le FAES intervient de façon sporadique pour la distribution de nourriture, tandis que l’OIM a fourni quelques bâches. Les enfants ne fréquentent pas l’école, faute de moyens financiers.
Le site compte également 33 personnes handicapées, 43 femmes enceintes et 55 femmes allaitantes, ainsi que plus de 3 200 enfants et adolescents, illustrant une urgence humanitaire majeure et des besoins essentiels non satisfaits.
GACI estime que cette situation constitue une violation manifeste du droit au logement décent, à la santé, à l’éducation et à la protection des femmes et des enfants. L’organisation appelle l’État haïtien (FAES, MAST, MSPP), l’OPC et les partenaires internationaux à intervenir d’urgence pour relocaliser les familles et garantir des conditions de vie dignes.
« Si le silence persiste, ce ne sera plus seulement une violation des droits humains, mais une complicité collective dans la déshumanisation », avertit GACI.
Ancien lieu de défense des droits, l’OPC incarne aujourd’hui le paradoxe d’un espace devenu zone de survie indigne.
La Rédaction
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