Port-au-Prince, samedi 6 juin 2026. L’Ambassade des États-Unis en Haïti a pris la parole pour saluer la publication par le gouvernement haïtien du décret électoral actualisé, qu’elle qualifie d’étape importante dans le processus devant conduire à la tenue d’élections dans le pays.
Dans une déclaration publiée sur ses pages officielles, l’Ambassade américaine avait qualifié cette étape de « moment important » vers le rétablissement de la sécurité, de la stabilité politique et du droit du peuple haïtien de choisir librement ses dirigeants, tout en encourageant « toutes les parties prenantes à travailler de manière constructive à la tenue des élections ».
L’Ambassade américaine n’est pas la première à se féliciter du décret. Le BINUH avait déjà salué la promulgation du nouveau décret électoral, estimant qu’il s’agit d’une avancée importante dans le processus devant conduire à l’organisation des prochaines élections, tout en renouvelant son soutien aux autorités haïtiennes ainsi qu’au CEP. 
Cependant, la réalité institutionnelle est bien plus complexe que ces messages d’encouragement ne le laissent entendre. Le CEP affirme que le document présenté par le gouvernement est « totalement différent » du projet de décret élaboré par l’institution et soumis à l’Exécutif le 24 avril 2026, et dénonce une violation du principe constitutionnel d’indépendance du Conseil électoral.
Ce bras de fer a rapidement débordé sur la question de la direction administrative du CEP. Le Conseil électoral a résilié avec effet immédiat le contrat de son directeur exécutif Uder Antoine, quelques heures avant la publication dans Le Moniteur de l’arrêté gouvernemental le nommant directeur général de l’institution.  Malgré tout, le gouvernement haïtien, représenté par le ministre de la Justice Patrick Pélissier, a procédé vendredi à l’installation officielle d’Uder Antoine à Pétion-Ville, en présence du président du CEP Jacques Desrosiers, mais dans l’absence remarquée des autres membres du Conseil. 
À cela s’ajoute le fait que le décret lui-même n’a pas encore fait l’objet d’une publication officielle accessible au public dans Le Moniteur, ce qui soulève des questions sur sa portée juridique effective.
Les applaudissements de Washington et de la communauté internationale sont les bienvenus, mais ils ne sauraient masquer l’urgence d’un dialogue sincère entre la Primature et le CEP. Sans cette cohésion institutionnelle, le chemin vers des élections crédibles reste semé d’embûches.
Le Rédaction
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