Obléon, Kenscoff – le 13 septembre 2025. Les trois enfants de Jethro, dont deux fillettes, enlevés le 12 juillet dernier à Obléon, ont retrouvé la liberté vendredi soir, selon notre reporter à Kenscoff. Leur père, gardien de la résidence de Fritz Mevs, dite « Ti Fritz », peut enfin souffler, mais la peur n’a pas disparu. Malgré la reprise du site stratégique de Téléco par la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), Obléon demeure un territoire perdu, aux mains du gang « Viv Ansanm ».
Dans la nuit du 12 juillet, le commissariat de Furcy avait été incendié, des quartiers entiers vidés de leurs habitants. Kenscoff vit au rythme d’une spirale de violences : enlèvements, incendies, affrontements et attaques ciblées.
Le gang « Viv Ansanm » avait notamment frappé l’orphelinat Nos Petits Frères et Sœurs, kidnappant le directeur Kenson Kaas et l’Irlandais Gena Heraty, et même des enfants handicapés. Madame Heraty et certaines personnes ont été aussi libérées dernièrement. Des employés d’une maison de fleuriste ont eux aussi été pris en otages. Ces événements confirment que Kenscoff est devenu un véritable champ de bataille.
Le 25 août 2025, la PNH, la FAd’H et la MSS annonçaient fièrement la reprise du site stratégique de l’ancienne Téléco, aux mains des criminels depuis plusieurs années. L’opération, menée de nuit, avait permis la saisie de 1 524 cartouches et divers matériels, selon une conférence de presse conjointe tenue à la DGPNH. Mais à peine huit jours plus tard, la victoire apparaît fragile : Obléon reste inaccessible, et la coalition « Viv Ansanm » conserve une capacité de nuisance intacte.
Si la libération des enfants de Gethro et de Mme Hératy symbolise une éclaircie, la population de Kenscoff vit toujours dans l’attente d’un retour durable à la sécurité. La peur est renforcée par une double tragédie récente : une frappe de drone a tué deux policiers du SWAT et blessé six autres, accentuant le climat d’instabilité.
Les habitants de Sourçailles, Furcy et Obléon réclament des opérations continues, pas seulement ponctuelles. Ils demandent le respect de la promesse d’une présence militaire et policière permanente pour pouvoir regagner leurs maisons et leurs terres.
La rédaction
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