INSERTION DEMANDEE
Lettre ouverte de Me Jean Henry Céant à Me Patrick Pierre-Louis – Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince
Dénonçant la plaque d’honneur décernée à Hans Ludwig Joseph, DG de l’ULCC
Port-au-Prince, le 24 septembre 2025
Monsieur le Bâtonnier,
J’ai été stupéfait, voire désagréablement surpris et choqué, de constater la légèreté du Barreau de Port-au-Prince qui, au mépris des règles anticorruption et même des principes universels des droits de l’homme et de l’éthique, a décerné une plaque d’honneur — ou un trophée — à Monsieur Jacques Hans Joseph, « directeur à vie » de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), pour sa contribution à la défense des valeurs de la profession d’avocats.
Une récompense décernée à un homme qui tire sa gloire du chantage et de la méchanceté !
Si ses manœuvres et les violations des normes déontologiques n’ont pas suffi à porter le Conseil de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince à s’interroger sur les véritables motivations de cet apprenti maître-chanteur qui ne se gêne nullement de battre monnaie dans les dossiers saisis par l’ULCC, certaines dénonciations et références devraient, hélas, vous porter à vous poser des questions et à réaliser le vetting nécessaire. Ce directeur à la manque, se pérennise à son poste qu’il occupe depuis six longues années, à la faveur de combines, de prébendes et de visites atypiques et inacceptables de certains ambassadeurs ou agents d’organisations Internationales, en l’absence et sans autorisation du Conseil d’Administration ou du Ministre de tutelle de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).
Il n’y a qu’en Haïti qu’on puisse tolérer de tels agissements sans une réponse ou une convocation diplomatique du Ministre des Affaires étrangères ou de la Présidence de la République. Autant que je m’insurge contre ces méthodes qui semblent légaliser la nomination de certains dignitaires de l’Etat qui ne se sentent positionnés ou renforcés tant qu’ils n’ont pas été visités par des figures de la Communauté Internationale. Notez que cette pratique de légitimation s’est étendue aussi dans toutes les cérémonies de haut niveau tenues par les autorités du pays.
Je pense encore nostalgiquement au courageux professeur et grand patriote Lesly François Manigat : « Nous avons parfois la volonté d’être esclaves ». J’aimerais voir un jour l’ambassadeur Haïtien au Canada débarquer ainsi à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) au Québec, ou au FINTRAC (Financial Transactions and Reports Analysis Center of Canada) ou une autre institution similaire ?
Le 6 août 2021, en tant que membre du Barreau de Port-au-Prince et Professionnel du Droit, j’ai moi-même écrit à Me Suzy Legros, présidant lors le Conseil de l’Ordre dont vous faisiez partie, pour porter publiquement plainte contre ledit avocat Jacques Hans Joseph, parachuté — comme on le sait — à la tête de cette noble Institution galvaudée, depuis, par le traitement des dossiers sélectionnés, mis sur le placet et qui, le plus souvent, pour cause d’instrumentalisation, moisissent dans les tiroirs de la justice parce qu’invertébrés, tissés et cousus du fil terne de la méchanceté et du chantage.
- N’y a-t-il pas lieu de rappeler ici que le cabinet EXPERTUS, dont Hans Joseph est le propriétaire, assure la défense de personnes fortement impliquées dans l’assassinat du président Jovenel Moïse ou d’autres affaires louches ?
- Peut-on savoir pourquoi aucun rapport de l’ULCC n’est sorti sur DERMALOG ?
Certains excès de zèle de ce monsieur et des rapports, un tantinet scandaleux, contre des avocats et d’anciennes autorités auraient dû, au moins, freiner les élans « désintéressés » du Conseil de l’Ordre. En quoi donc Monsieur Joseph a-t-il collaboré au rehaussement de la profession d’avocat ? A-t-il droit à un trophée pour sa générosité vis-à-vis du Barreau et de certains mercenaires de la presse ?
Jacques Hans Joseph, est un maitre-chanteur que j’ai publiquement accusé, pour m’avoir abordé sans succès dans le cadre d’une maladroite enquête contre un de mes amis clients. Comme je n’ai pas obtempéré à sa requête en présence de témoin, il a osé s’attaquer à ma personne et à ma dignité de Notaire de 33 années de vie professionnelle sans tâche. Mon courroux de ce moment, vertement exprimé à l’endroit de ce directeur de l’ULCC, anticipant lui-même une réaction publique de ma part, a valu que Monsieur Joseph m’accusât de détournement de fonds.
Monsieur Joseph m’a ainsi accusé de détournement de fonds pour avoir exécuté les instructions d’un donneur d’ordres alors qu’il est censé savoir pertinemment qu’un notaire n’a ni le pouvoir, ni la capacité, ni les moyens de détourner les fonds à lui confiés par un acheteur pour le paiement d’un prix de vente passé et authentifié dans son étude. Le simple bon sens devrait tempérer sa foudre et sa soif de représailles et de vengeance. Monsieur Joseph n’avait-il donc pas complété l’école du Barreau avant d’être admis comme membre du prestigieux Barreau de Port-au-Prince ?
Mon rôle de Notaire a toujours été rempli dans la dignité et dans le respect de la loi et de la déontologie. Malgré mes dénonciations publiques, personne ne m’a invité à faire le jour sur cette affaire grave, ni lui le fautif accusé n’a intenté d’action en diffamation contre moi.
Pour preuve, ma lettre du 6 août n’a même pas motivé le conseil de l’Ordre à inviter cet « avocat » en confrontation avec moi, ce qui aurait permis d’éviter d’autres excès de pouvoirs et de protéger les autres avocats victimes de ce monsieur. Au contraire, Jacques Hans Ludwig Joseph a été, en grande pompe, récompensé et décoré pour services rendus notamment le paiement de la salle du gala en sus des multiples contributions qu’il a su faire pour garder sa qualité d’avocat dit-on. La corruption est de définition multiple, une matière sensible qui fragilise souventes fois le fonctionnement de ceux qui dirigent.
Enfin, Je veux comprendre Monsieur le Bâtonnier, pourquoi le Conseil dont vous faisiez partie en 2021 avait-il méprisé ma plainte et a -t-il tenu aujourd’hui à hypertrophier le palmarès du Directeur de l’ULCC qui a fait tant de mal à certains citoyens depuis six ans qu’il est à ce poste en donnant publicité à des dossiers qui devraient être traités avec minutie, discrétion, délicatesse et sérieux. Pire, aujourd’hui, nous voyons l’ULCC procéder, inopinément et en dehors de la puissance publique, à l’arrestation de suspects conduits, menottés au parquet. C’est scandaleux!
Pourquoi le Conseil de l’Ordre n’a-t-il jamais produit une analyse ou même ouvert un débat juridique sur les limites et les pouvoirs de l’ULCC afin de mieux éclairer la population en quête d’informations et les professionnels du droit ?
Monsieur le Bâtonnier, parlant de cet homme à qui vous avez décerné un satisfecit, on peut conclure qu’en Haïti aujourd’hui c’est vraiment le monde à l’envers. Devan pòt tounen dèyè kay.
En tout état de cause, je renouvelle ma plainte, vieille de 4 ans au Conseil de l’Ordre des Avocats afin que le Barreau puisse se ressaisir et corriger ce faux pas.
Recevez, monsieur le Bâtonnier, mes confraternelles salutations.
Me Jean Henry Céant
Avocat du Barreau de Port-au-Prince
PJ : Ma lettre du 6 août 2021
Insertion dans le Journal Le nouvelliste : « réaction de Me Jean Henry Céant, suite à la calomnie de Hans Joseph »
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