En mai 2026, la question de l’inflation demeure au cœur des préoccupations. Dans un contexte économique mondiale marqué par de fortes tensions sur les prix, la question de l’inflation s’impose comme une priorité nationale. En Haïti, elle ne se limite pas à un phénomène statistique : elle affecte directement le quotidien des ménages et fragilise l’équilibre social. Dans la Rubrique le Mot du Gouverneur du Mois de Mai, Ronald Gabriel, chef de la Banque Centrale du pays, a déclaré :
« L’inflation n’est pas un simple indicateur macroéconomique. Elle se traduit concrètement par une érosion du pouvoir d’achat et impose aux ménages des arbitrages difficiles. »… Si dans certaines économies, l’inflation est un bruit de fond, en Haïti, elle peut prendre la forme d’un choc social. Cette réalité s’explique par la forte proportion de dépenses incompressibles dans le budget des ménages et par la faible capacité d’ajustement des plus vulnérables.
À revenu inchangé, la hausse des prix réduit la capacité de consommation. Les dépenses essentielles prennent le dessus, au détriment de la santé, de l’éducation ou de l’investissement. Dans un pays où une large part des revenus est consacrée à des besoins incompressibles, l’impact est immédiat et profond.
« Lorsque ces ajustements deviennent généralisés, ils pèsent sur la cohésion sociale et nourrissent un sentiment d’incertitude. »
La structure de l’économie haïtienne amplifie ces dynamiques. Fortement dépendante des importations, elle reste exposée aux fluctuations du taux de change.
« Dans une économie ouverte comme la nôtre, la dépréciation de la gourde se transmet rapidement aux prix. » poursuit le gouverneur
Ce phénomène, bien connu, signifie que toute hausse des coûts en devises — qu’il s’agisse du carburant ou des biens importés — se répercute rapidement sur les marchés locaux.
« La stabilité du change et celle des prix sont étroitement liées. Lorsque l’une vacille, l’autre suit. »
Au-delà des mécanismes économiques, l’inflation soulève une question fondamentale : celle de la confiance dans la monnaie nationale.
« La monnaie est un repère collectif. Elle permet de fixer les prix, d’épargner et de planifier. Lorsque ce repère s’affaiblit, les comportements économiques deviennent plus incertains. »
Dans ce contexte, les anticipations jouent un rôle déterminant.
« La crainte d’une inflation durable peut, à elle seule, accélérer la hausse des prix en modifiant les comportements dès aujourd’hui. »
Commerçants, entreprises et ménages adaptent leurs décisions dans un climat d’incertitude, contribuant parfois à alimenter eux-mêmes les pressions inflationnistes.
Face à ces enjeux, l’action de la Banque de la République d’Haïti s’inscrit dans un cadre précis.
« La stabilité des prix ne relève pas d’une préférence. Elle découle d’un mandat légal : préserver la valeur interne de la monnaie nationale. »
Une inflation élevée affaiblit la gourde, encourage la substitution vers les devises et réduit l’efficacité de la politique monétaire.
« La crédibilité monétaire est un capital public. Sa perte entraîne des coûts économiques et sociaux durables. »
L’inflation a également une dimension profondément sociale.
« Les ménages les plus vulnérables sont les premiers touchés, car ils disposent de peu de mécanismes de protection face à la hausse des prix. »
Dans cette perspective, la lutte contre l’inflation devient un levier essentiel de protection du pouvoir d’achat.
« Stabiliser les prix, c’est défendre directement le bien-être des populations. »
Selon le Gouveneur, la réponse de la Banque centrale repose sur une approche progressive et rigoureuse.
« La stabilité ne se construit pas par des gestes spectaculaires, mais par une action cohérente et répétée dans le temps. »
Parmi les mesures mises en œuvre a informé la Banque Centrale, on peut citer :
- le renforcement des opérations d’absorption de liquidité
- l’émission de bons BRH à différentes maturités
- le maintien des réserves obligatoires
- un suivi étroit des conditions monétaires
« L’objectif est de prévenir toute expansion monétaire incompatible avec la stabilité des prix. » dit le banquier
Ces actions visent à limiter les pressions sur le marché des changes et à réduire les facteurs internes de l’inflation.
Dans un environnement volatil, l’enjeu est aussi de réduire l’incertitude.
« Il ne s’agit pas de fixer un niveau de change, mais de limiter les mouvements désordonnés et de rendre la trajectoire plus prévisible. »
La transparence et la communication jouent ici un rôle clé.
« La crédibilité se construit par la constance, la clarté et la discipline. »
En définitive, la lutte contre l’inflation dépasse le cadre strict de la politique monétaire.
« Préserver la valeur de la monnaie nationale, c’est protéger la vie quotidienne des citoyens. »
Dans un contexte où les chocs économiques peuvent rapidement se transformer en tensions sociales, la stabilité des prix apparaît comme une condition essentielle de la stabilité tout court.
« Protéger le pouvoir d’achat, c’est préserver la dignité économique et renforcer la confiance collective. »
Il convient de réduire les mouvements désordonnés qui alimentent la vie chère. Dans une économie largement importatrice, la stabilité du change et celle des prix sont étroitement liées. Le but n’est pas de promettre un niveau immuable, mais de limiter les variations brusques, de rendre la trajectoire plus prévisible, et de réduire l’incertitude qui accélère la hausse des prix. … La confiance repose sur la transparence et la continuité. La stabilité des prix est un objectif national. Elle dépend de la politique monétaire, mais aussi des circuits d’approvisionnement, de l’environnement international et de la coordination des politiques publiques
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La rédaction
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