Si l’incendie criminel de l’Hôtel Oloffson est à déplorer, il faut aussi poser la vraie question : qui protège réellement le patrimoine d’Haïti ? Certainement pas le ministère de la Culture, ni l’ISPAN, qui observent passivement la lente disparition de nos trésors historiques.
La culture en Haïti est laissée à l’abandon. Elle survit sans moyens, sans vision, sans défense. Et pourtant, dans cette crise multidimensionnelle — politique, sociale, sécuritaire — on continue de s’acharner sur les derniers lieux de mémoire, de savoir et d’art.
Cette culture — plurielle, tenace, indocile — est ce qui nous garde debout. C’est elle notre souffle résilient, notre langue commune malgré les fractures. Elle est ce que nous avons de plus enraciné, de plus vivant, de plus rassembleur.
Et pourtant… le ministre de la Culture, comme souvent, se confond en communiqué de façade, incapable d’anticiper, de prévenir, de penser. Aucune stratégie, aucun projet d’envergure, aucun rêve. La culture est piétinée, perdue dans la solitude des déclarations sans lendemain.
Pourquoi toujours réagir, et jamais agir ? Pourquoi laisser disparaître nos théâtres, nos bibliothèques, nos espaces d’expression, nos écoles d’art, sans lever le petit doigt ?
La vérité est brutale : la culture haïtienne dérange, parce qu’elle unit, parce qu’elle résiste, parce qu’elle transcende. Elle est notre dernier front contre l’effondrement. Loin des armes et des discours creux, elle est le dénominateur commun entre toutes nos différences.
Il est temps d’arrêter de pleurer ce que l’on n’a pas protégé. Il est temps de bâtir une politique culturelle audacieuse, populaire, vivante. Car quand la culture meurt, ce n’est pas juste une façade qui tombe en cendre. C’est l’âme d’un peuple que l’on assassine en silence.
Brigitte Benshow
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