Port-au-Prince, le 30 avril 2026 — Le malaise n’est plus isolé, il devient structurel. Après les révélations troublantes à l’Ambassade d’Haïti en République dominicaine, un nouveau cas grave éclabousse l’Autorité Aéroportuaire Nationale(AAN). Selon nos sources, un directeur de service aurait agressé une employée. Un incident qui, loin d’être inédit, s’inscrirait dans une série de dérives internes connues mais rarement exposées. Dans ce contexte, la circulaire publiée le 27 avril par la Direction des Ressources Humaines prend une dimension particulière. Officiellement, elle rappelle l’interdiction stricte de toute forme d’agression — verbale, physique ou psychologique — sur les lieux de travail. Mais en réalité, ce document apparaît comme une réaction à des comportements déjà observés, voire tolérés. VOUS AIMEREZ PEUT-ÊTRE AUSSI Harcèlements et Abus de pouvoir à l’ambassade d’Haïti en République dominicaine : Employés et Etudiants dénoncent Pierre Karly Jean-Jeune Cap-Haïtien : écoles fermées et routes bloquées sur fond de protestation malgré la présence d’une commission ministérielle Signée par la Directrice des Ressources Humaines et validée par la Direction générale, la note insiste sur l’éthique, la discipline et le respect mutuel. Elle promet des sanctions. Pourtant, aucun cas précis n’est mentionné. Un silence administratif qui contraste avec la gravité des accusations évoquées en interne. De Santo Domingo à Port-au-Prince : une même dérive Ce nouvel épisode fait directement écho à l’affaire survenue à l’ambassade d’Haïti en République dominicaine. Dans ce dossier, la rédaction indique avoir consulté une correspondance officielle adressée à l’ambassadeur Fritz Longchamps, dans laquelle la victime détaille les faits. Malgré la gravité des éléments évoqués, aucune mesure forte n’a été rendue publique à ce jour. Ni suspension claire, ni enquête indépendante officiellement annoncée. Une inertie qui alimente les critiques et renforce le sentiment d’un traitement opaque, voire complaisant. Une affaire qui dépasse le cadre interne Ce dossier ne se limite plus à une crise administrative. Il touche directement l’image d’Haïti à l’étranger, notamment en République dominicaine, où les violences faites aux femmes sont sévèrement sanctionnées par la justice. Désormais, l’intervention de la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, apparaît désormais incontournable. Une intervention diplomatique et administrative s’impose. Il faut l’envoi d’une mission indépendante, clarification publique des faits, et coopération avec les autorités dominicaines si nécessaire. Car l’inaction pourrait avoir un coût. Ce dossier documenté avec audio disponible survient peu après des avancées diplomatiques sensibles entre les deux pays. Le laisser sans réponse claire risquerait aussi de fragiliser la crédibilité du gouvernement sur la scène bilatérale. Le silence amer du ministère à la Condition féminine Mais c’est surtout l’absence de réaction du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes qui interpelle. À sa tête, la ministre Pedrica Saint-Jean n’a, jusqu’ici, pris aucune position publique connue sur ces deux affaires. Ni message de soutien aux victimes présumées, ni annonce d’accompagnement, ni lancement d’enquête. Dans un contexte où les accusations portent précisément sur des violences sexistes et des abus de pouvoir, ce silence devient difficile à comprendre. Il ne s’agit pas ici d’un dossier marginal. Il est question de faits graves impliquant des institutions publiques, avec des victimes potentielles confrontées à des rapports de force défavorables. Dans ce type de situation, l’attente envers le ministère est claire : agir, protéger, documenter, dénoncer si nécessaire. Dans les faits, ce silence crée un vide. Et dans ce vide, les victimes restent exposées, les accusations stagnent, et l’opinion publique doute. À force de ne pas intervenir, l’institution censée défendre les droits des femmes donne l’impression de se tenir à distance de ses propres missions. Une crise de crédibilité À l’AAN comme à l’ambassade, les faits évoqués — s’ils sont confirmés — traduisent une même réalité : une fragilité des mécanismes internes, une difficulté à gérer les abus de pouvoir et une absence de réponses rapides et transparentes. Les circulaires et rappels à l’ordre ne suffisent plus. Ce sont des actions concrètes qui sont attendues : enquêtes indépendantes, sanctions, dispositifs de protection pour les victimes. Car au-delà des institutions, c’est la crédibilité de l’État qui est en jeu. Et face à des accusations de harcèlement et d’agressions, le silence — qu’il soit administratif ou politique — finit toujours par peser plus lourd que les mots. Brigitte Benshow 📲 Rejoignez Le Quotidien 509 Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle. 🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp Partager l'article
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