Port-au-Prince, 8 décembre 2025 — Un avion transportant 230 policiers kényans a atterri lundi à l’aéroport international Toussaint Louverture. La Police Nationale d’Haïti (PNH) a confirmé l’arrivée de ces renforts, accueillis par le Directeur général a.i., André Jonas Vladimir Paraison.
Ce nouveau groupe porte à plus de 1 200 le nombre total de policiers étrangers déployés en Haïti dans le cadre de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), dirigée par le Kenya et autorisée par la résolution 2699 du Conseil de sécurité de l’ONU. Depuis juin 2024, la mission vise à épauler la PNH face à des gangs armés qui contrôlent encore environ 80 % de Port-au-Prince.
Dans un communiqué, la PNH a salué « l’engagement continu du Kenya et de la communauté internationale » et promis que les nouveaux agents seront « rapidement déployés aux côtés de leurs frères d’armes haïtiens ».
Depuis son lancement, la MMSS affiche des résultats contrastés. Si certaines opérations ont permis la reprise temporaire de certains quartiers, les bandes armées continuent de mener des attaques coordonnées et de paralyser les axes stratégiques.
Pays actuellement déployés en Haïti (MMSS)
Selon les rapports les plus récents (mars à juin 2025), les pays suivants contribuent déjà avec du personnel sur le terrain :
- Kenya : entre 800 et 1 000 policiers, qui assurent le commandement et forment le cœur du dispositif.
- Guatemala : environ 150 membres de police militaire, engagés dans le soutien opérationnel.
- El Salvador : environ 78 agents spécialisés, notamment dans le soutien aérien et les forces spéciales, pour l’évacuation médicale.
- Jamaïque : un contingent variant entre 23 et 100 policiers affectés aux patrouilles conjointes et à la logistique.
- Bahamas : environ 6 membres des Forces de défense royale.
- Belize : 2 officiers de liaison.
Ces forces participent aux patrouilles mixtes, à la protection d’infrastructures critiques et aux opérations anti-gangs.
Autres engagements annoncés
Plusieurs pays ont également formalisé leur intention de participer, mais leurs troupes ne sont pas encore déployées ou sont en phase de préparation :
- Antigua-et-Barbuda (CARICOM), Barbade, Guyana, Guinée, Bangladesh.
- Bénin, avec une promesse notable de 2 000 soldats, en attente d’autorisation finale.
- Sénégal et Chili, qui ont annoncé en octobre 2025 leur volonté de contribuer dans la future transition vers la Force de Suppression des Gangs (GSF).
- Espagne, qui prépare une contribution de personnel de sécurité.
Sur le plan financier, les principaux contributeurs restent :
- Canada, avec plus de 110 millions USD.
- États-Unis, avec 300 millions USD, ainsi qu’un appui logistique et médical passant par la République Dominicaine.
Vers la Force de Suppression des Gangs
Depuis la résolution 2793 (octobre 2025), la MMSS doit évoluer vers la GSF, une force internationale plus robuste visant un effectif total de 5 500 personnels.
Sur X (ancien Twitter), l’annonce a suscité un mélange de remerciements, d’exaspération et de scepticisme. Parmi les commentaires les plus relayés :
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« Encore des Kényans ? Et nos policiers à nous, on les équipe quand ? »
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« 1 200 étrangers et les gangs contrôlent toujours 80 % de Port-au-Prince »
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« Merci au Kenya, mais la solution n’est pas à Nairobi : formation, meilleurs salaires et matériel pour la PNH ! »
Certains internautes accusent même la mission d’être « une occupation déguisée » ou « un marché d’armes et de contrats ».
L’arrivée des 230 policiers kényans ce 8 décembre constitue une étape majeure pour les porte-plumes de la résolution onusienne.
La rédaction
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