Le gouvernement haïtien et la République de Chine (Taïwan) ont marqué, vendredi 18 septembre 2026, au Cap-Haïtien, la clôture du projet « Appui au développement local sensible au genre intégrant l’adaptation aux changements climatiques ». Lancée en septembre 2025, cette initiative était financée à hauteur de 200 000 dollars américains par le gouvernement taïwanais, pour une durée initiale de douze mois.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, et de l’ambassadeur de Taïwan en Haïti, Hu Cheng-hao. Le diplomate taïwanais s’était rendu dans le Nord à l’invitation du ministre pour participer à cette étape de clôture.
Mis en œuvre dans le département du Nord, le projet avait pour ambition d’intégrer davantage les questions de genre dans les politiques de développement local, tout en renforçant la capacité des communautés à faire face aux effets des changements climatiques. Les communes de Cap-Haïtien, Limonade, Limbé, Milot et Quartier-Morin figuraient parmi les territoires ciblés.
Femmes, jeunes et communautés au cœur du projet
Dans son allocution, l’ambassadeur Hu Cheng-hao a présenté le projet comme une illustration de la coopération et de la solidarité entre les peuples taïwanais et haïtien. Il a également réaffirmé l’engagement de son gouvernement à accompagner le développement durable d’Haïti à travers des projets concrets.
Du côté haïtien, le ministre Valéry Fils-Aimé a insisté sur la dimension inclusive de l’initiative. Selon lui, les politiques d’adaptation au changement climatique ne peuvent produire des résultats durables que si elles sont ancrées dans les réalités locales et associent les différentes composantes des communautés.
Le projet a notamment permis de former des jeunes et des étudiants, d’accompagner des femmes cheffes de ménage à travers les jardins Lakou, de mobiliser des établissements scolaires, de mettre en place deux mini-vergers, mais également de renforcer les capacités de journalistes et d’organisations de femmes.
Deux travaux universitaires consacrés aux liens entre genre et changements climatiques ont également bénéficié d’un accompagnement dans le cadre du programme.
Un taux d’achèvement annoncé de 83,3 %
Le bilan présenté lors de la cérémonie fait état de 10 activités achevées sur 12, soit un taux d’exécution de 83,3 %. Une autre activité était encore en cours de finalisation et de documentation, tandis qu’une activité n’avait pas été réalisée.
Que restera-t-il après les 200 000 dollars investis ?
La question de la pérennisation constitue désormais l’un des principaux enjeux. Dans son discours, le ministre a reconnu que la réussite d’un tel programme ne devait pas être mesurée uniquement à travers le nombre d’activités réalisées, mais également à travers la capacité à préserver les acquis et à les inscrire dans la durée.
Les responsables entendent ainsi documenter les bonnes pratiques et identifier les approches susceptibles d’être adaptées à d’autres territoires, notamment dans le Grand Sud.
L’enjeu est désormais de savoir ce que ces 200 000 dollars laisseront durablement dans les communautés du Nord : des activités clôturées ou des mécanismes capables de continuer à produire des résultats après le départ des financements extérieurs.
La rédaction
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