Un calme apparent régnait ce mardi dans la commune de Kenscoff, au lendemain d’une attaque meurtrière perpétrée par des bandits armés appartenant à la coalition de gangs « Viv Ansanm ».

Selon Marie Guerda Désilus, membre du conseil municipal, au moins une quarantaine de personnes ont été tuées dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 mars dernier.
La situation demeure toutefois extrêmement préoccupante. Marie Guerda Désilus affirme qu’une trentaine de personnes sont retenues en otage par le chef de gang qui se fait appeler « Izo 2 ». Celui-ci menace d’exécuter les otages, dont des femmes et des enfants, si les forces de l’ordre venaient à attaquer ses hommes.
Plusieurs personnes ont également été blessées au cours de l’attaque. Une dizaine de maisons ont été incendiées, tandis qu’un nombre important d’habitants ont dû fuir leurs domiciles pour échapper aux violences.
Madame Désilus affirme que les autorités avaient été alertées avant l’attaque. Selon elle, des informations faisant état de l’intention des gangs d’attaquer Kenscoff avaient été transmises « au plus haut niveau », sans que des mesures suffisantes ne soient prises pour empêcher le drame.
Marie Guerda Désilus appelle désormais les autorités à mener une opération de grande envergure afin de permettre aux habitants déplacés de regagner leurs maisons en toute sécurité.
« Il faut une opération musclée pour que les gens puissent retourner chez eux », estime-t-elle, tout en regrettant que les problèmes liés aux différentes sections communales de Kenscoff n’aient pas été pris suffisamment au sérieux.
L’ancien agent exécutif intérimaire de Kenscoff, José Joseph, partage cette analyse et dénonce fermement la réponse des forces de l’ordre face au drame survenu notamment dans le quartier de Villier.
Selon lui, les gangs avaient envoyé des signaux plusieurs semaines avant leur passage à l’action. « Les gangs avaient envoyé un signal deux semaines avant l’attaque pour dire aux habitants de Kenscoff qu’ils allaient leur montrer comment les talibans opèrent », rapporte-t-il.
José Joseph affirme également qu’une semaine avant l’attaque, des drones avaient été aperçus au-dessus de Kenscoff, sans qu’une intervention policière significative ne soit, selon lui, engagée.
L’ancien responsable municipal s’interroge ainsi sur la capacité des autorités à anticiper et à prévenir les attaques armées dans les zones menacées.
José Joseph estime par ailleurs qu’il n’est pas normal que la gestion de la sécurité nationale soit confiée à des acteurs qui n’ont pas un intérêt réel pour l’avenir du pays.
Faisant reference a la visite du chef de la police au commissariat de Kenscoff, il soutient que la population de Kenscoff n’a pas besoin de personnes venant « l’aider à pleurer », mais plutôt d’une réponse concrète permettant de lutter efficacement contre les groupes armés.
Pour l’ancien agent exécutif intérimaire, le pays fait face à un déficit d’autorité et de confiance. « La sécurité d’un pays est trop importante pour être laissée entre les mains de personnes qui ne cherchent qu’à gagner de l’argent ou d’un gouvernement irresponsable qui ne pense qu’à lui-même », déplore-t-il.
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