Ces derniers jours, le président salvadorien, Nayib Bukele, est très présent sur les réseaux sociaux, où il évoque régulièrement la situation en Haïti. Près de 2 500 soldats salvadoriens, dont des membres des forces spéciales, sont actuellement déployés dans le pays à la recherche des quatre militaires portés disparus depuis le 18 octobre dernier.

La Police nationale d’Haïti (PNH) a annoncé, mardi, avoir retrouvé la carcasse du véhicule à bord duquel circulaient les quatre soldats, à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. Dans un communiqué, la Direction de la communication de la Police (DICOP) a précisé que l’opération ayant permis de localiser le véhicule avait été lancée vers 6 h 30 du matin.
L’intervention a mobilisé plusieurs unités spécialisées de la PNH, notamment l’UDMO, le BRI, l’UTAG, le SWAT, la Task Force, l’équipe de drones ainsi que la Section des agents de l’ordre.
Selon la Police, les forces engagées n’ont rencontré aucune résistance au cours de leur progression, hormis quelques barricades qui ont été démantelées par les agents. La surveillance aérienne assurée par l’équipe de drones a également contribué au déroulement de l’opération, qui n’a fait état d’aucun incident du côté des forces de l’ordre.
Entre-temps, le président Bukele, dont les troupes sont fortement présentes dans la commune de Croix-des-Bouquets, mène également une bataille sur le terrain de la communication contre les groupes armés.
Dans une publication sur le réseau social X, il affirme avoir constaté que les bandits semblent avoir peur de ses soldats.
« Sanble gang yo pa vle goumen avèk nou » (Il semble que les gangs ne veulent pas se battre contre nous), écrit-il en créole, en accompagnant son message d’une vidéo montrant des images aériennes de soldats salvadoriens en patrouille dans la plaine du Cul-de-Sac.
La veille, le chef de l’État salvadorien avait adressé un autre message au peuple haïtien, dans lequel il établissait un parallèle entre la trahison et l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines et la situation actuelle d’Haïti.
Il dénonce la complicité de certains Haïtiens avec les gangs armés, qu’il accuse de contribuer à la destruction du pays, et appelle la population à se mobiliser pour reprendre le contrôle de ses communautés.
« Dessalines a libéré Haïti, mais certaines personnes qui se trouvaient à ses côtés l’ont trahi et assassiné », rappelle le président salvadorien. Selon lui, ces individus, qui partageaient la langue et l’entourage du père fondateur de la nation haïtienne, ne partageaient toutefois pas ses principes et ne poursuivaient que leurs intérêts personnels.
Pour Nayib Bukele, ces traîtres existent encore aujourd’hui en Haïti. Il estime qu’ils ne sont pas les héritiers de Dessalines, mais plutôt ceux des hommes qui l’ont assassiné et ont détruit son héritage.
Le président salvadorien affirme que certains de ces individus sont directement impliqués dans les gangs, tandis que d’autres les financent ou leur fournissent des armes. Il accuse également certains acteurs de tout mettre en œuvre pour empêcher le peuple haïtien d’accéder à la liberté.
Tout en reconnaissant que des étrangers ont contribué au pillage d’Haïti, Bukele soutient que des Haïtiens ont également pris part à cette exploitation. Il leur reproche d’avoir collaboré avec des intérêts étrangers, vendu des armes et de la drogue, contrôlé des territoires pour le compte de ces acteurs et contribué aux souffrances de la population.
« Pensez-vous que ces étrangers auraient pu faire tout cela sans l’aide de ces individus ? Qui pointe des armes sur vous ? Qui tue vos proches ? Qui vole vos maisons et vos biens ? », interroge-t-il dans son message.
Nayib Bukele assure que son pays peut aider Haïti à combattre les groupes armés. Il affirme toutefois que les Salvadoriens ne sont pas des envahisseurs, mais des hommes courageux venus apporter leur soutien au peuple haïtien.
Il exhorte ainsi les citoyens haïtiens à se mobiliser, à reprendre le contrôle de leurs communautés et à faire face à ceux qu’il considère comme responsables de leurs souffrances.
« Nous serons là, à vos côtés. Nous vous aiderons à reprendre votre pays des mains des traîtres qui ont trahi l’héritage de Dessalines. Et enfin, Haïti sera libre », assure le président salvadorien.
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