Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a officiellement lancé, ce jeudi, le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG). La cérémonie s’est déroulée à la base de Vertières des Forces Armées d’Haïti, à Tabarre. L’événement, marqué par une cérémonie de levée du drapeau et des démonstrations militaires, s’est déroulé en présence de membres du gouvernement, de représentants de plusieurs pays contributeurs, du corps diplomatique et des Nations unies.

Le premier ministre entend faire du lancement de la FRG un tournant dans sa stratégie de lutte contre les groupes armés. Depuis la base de Vertières, le chef du gouvernement a présenté le déploiement de cette force comme une étape majeure vers la reconquête des territoires contrôlés par les gangs et le rétablissement de l’autorité de l’État.
« L’État doit reprendre le contrôle de son territoire », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé, insistant sur la nécessité de restaurer la présence des institutions publiques dans les zones aujourd’hui sous l’influence des groupes armés.
Le premier ministre rappelle que la mission assignée à la FRG consiste notamment à reconquérir les territoires occupés par les gangs, protéger la population et rétablir l’ordre public.
Mais, au-delà des opérations militaires, l’objectif affiché par l’exécutif est de permettre le retour de la justice, des services publics et des autorités de l’État dans les zones reconquises.

La FRG associe les forces haïtiennes à des contingents provenant de Guatemala, du Salvador, du Tchad, de Mongolie, de la Jamaïque et du Sri Lanka. Les représentants de ces pays ont réaffirmé leur volonté de soutenir les forces haïtiennes dans cette nouvelle phase de la lutte contre les groupes armés.
La cérémonie de Vertières a également réuni plusieurs représentants du corps diplomatique et de la communauté internationale, dont les ambassadeurs de France, Gauthier Lekens, et du Canada, Alexandre Côté.
Le chef d’état-major des Forces armées d’Haïti, Derby Guerrier, ainsi que le directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, ont également pris part à l’événement.
Dans son discours, Alix Didier Fils-Aimé a insisté sur le fait que la reconquête territoriale ne saurait constituer une fin en soi. Pour le premier ministre, la véritable réussite devra se mesurer à la capacité de l’État à maintenir durablement sa présence dans les zones reprises aux groupes armés.
« Reprendre les zones est une étape, mais la plus belle victoire sera de faire revenir l’État dans ces zones », a-t-il soutenu, évoquant la nécessité de permettre aux enfants de retourner à l’école sans crainte et aux citoyens de reprendre leurs activités quotidiennes.
Le chef du gouvernement estime également que le rétablissement de la sécurité doit créer les conditions nécessaires au retour des institutions et à l’organisation d’élections « libres, transparentes et crédibles ».
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