Port-au-Prince, 21 avril 2026.
Un plaidoyer à l’ONU face aux urgences nationales
Intervenant le 20 avril au siège des Nations Unies à New York, dans le cadre du Forum 2026 du Conseil économique et social des Nations Unies consacré au financement du développement, la ministre a dressé un constat préoccupant de la situation en Haïti.
Elle a notamment évoqué les 5,7 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire, dont 1,9 million en situation d’urgence, soulignant que ces données traduisent une crise humanitaire profonde.
Dans ce contexte, Sandra Paulemont a défendu une approche du financement du développement comme un levier essentiel pour la stabilité et la transformation du pays.
Au nom du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, elle a également réaffirmé l’alignement d’Haïti avec les positions de la Communauté des Caraïbes, du Groupe des 77 et de la Chine.
La ministre a plaidé pour une réforme « plus courageuse » de la gouvernance économique mondiale, estimant que les pays fragiles restent les plus exposés aux chocs tout en étant insuffisamment représentés dans les processus décisionnels. Elle a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale orientée vers la reconstruction durable et la résilience, plutôt que sur une logique d’assistance ponctuelle.
Renforcement du partenariat avec la Banque caribéenne de développement
En marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, la ministre a rencontré le président de la Banque caribéenne de développement, Daniel Best.
Les échanges ont porté sur les priorités du gouvernement haïtien, notamment la sécurité, le redressement économique et social ainsi que l’organisation des élections, conformément au pacte national en cours.
La Banque a indiqué disposer d’un portefeuille d’environ 200 millions de dollars en Haïti, dont 50 millions de nouveaux engagements. Elle a réaffirmé sa volonté de renforcer son appui, notamment dans les domaines de la résilience économique, sociale et environnementale, ainsi que dans les secteurs agricole et énergétique.
La ministre a, pour sa part, plaidé pour un accès accru à des financements concessionnels, un appui budgétaire ciblé et des mécanismes de décaissement plus rapides, tout en mettant l’accent sur le renforcement des capacités institutionnelles. Les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions en mai afin de préciser les projets et financements à venir.
Un parcours académique renforcé
Parallèlement à ces activités diplomatiques, Sandra Paulemont a annoncé avoir soutenu, le 14 avril, une thèse de doctorat en politiques publiques à Liberty University. Ses travaux portent sur l’impact des réformes de gouvernance sur la stabilité sociopolitique et la réduction de la pauvreté dans les États fragiles, avec une analyse comparative entre Haïti et la Colombie.
Une stratégie axée sur la coordination de l’aide
Ces différentes initiatives s’inscrivent dans une stratégie gouvernementale visant à mieux coordonner l’aide internationale et à aligner les interventions des partenaires sur les priorités nationales. Les autorités haïtiennes cherchent ainsi à mobiliser des ressources financières et techniques pour faire face à la crise actuelle et poser les bases d’un développement durable.
Dans ses interventions, la ministre a réitéré un message central : Haïti ne demande pas de compassion, mais une coopération structurée, capable de transformer la fragilité en résilience.
Ronald André
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