Bangkok, 14 octobre 2026 — Face à l’urgence sécuritaire, à la crise humanitaire et aux difficultés économiques, Haïti sollicite un engagement financier renforcé de ses partenaires internationaux. Aux Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, organisées à Bangkok, en Thaïlande, du 12 au 18 octobre, le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, plaide pour une accélération des financements et un appui accru à la stabilisation du pays.
À la tête d’une délégation haïtienne, le ministre a rencontré des responsables du FMI, de la Banque mondiale, du Département du Trésor américain ainsi que des représentants d’autres institutions financières internationales. L’objectif affiché : mobiliser davantage de ressources pour soutenir les programmes sociaux, accompagner les efforts de rétablissement de la sécurité et favoriser la reprise de l’activité économique.
Sécurité, réformes et urgence sociale
Dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de population et l’insécurité alimentaire, Serge Gabriel Collin a présenté les priorités du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il a notamment insisté sur le renforcement de la protection sociale, la stabilité macroéconomique et la poursuite des réformes engagées dans le cadre du programme de référence (SMP) conclu avec le FMI.
Le gouvernement entend également améliorer la transparence des finances publiques, renforcer la gouvernance économique et consolider les mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux.
Mais au-delà des engagements de réforme, Port-au-Prince réclame des résultats plus rapides. Le ministre a appelé les partenaires techniques et financiers à accélérer les décaissements et l’exécution des projets financés par des ressources extérieures, tout en alignant davantage leurs interventions sur les priorités nationales.
30 millions de dollars recherchés pour l’énergie dans le Sud
Parmi les dossiers défendus à Bangkok figure le projet énergétique des Cayes, pour lequel le gouvernement souhaite mobiliser 30 millions de dollars américains. L’initiative vise à améliorer l’approvisionnement en électricité, à soutenir les entreprises et à renforcer les perspectives de relance économique dans le Grand Sud.
Le ministre a évoqué le rôle potentiel de la Société financière internationale (SFI/IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, dans la structuration du projet et la mobilisation de capitaux privés, en complément des financements publics et concessionnels.
Des financements attendus pour la stabilisation du pays
Le financement des programmes sociaux et le soutien aux efforts de sécurité occupent également une place centrale dans les discussions. Pour les autorités haïtiennes, ces deux leviers sont indispensables à la reprise de la vie économique et sociale et à la création des conditions nécessaires à l’organisation d’élections générales crédibles.
Accompagné, lors de certaines rencontres, du gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel, le ministre a par ailleurs plaidé pour une meilleure coordination entre les institutions nationales et les partenaires internationaux.
La participation haïtienne à ces Assemblées annuelles intervient ainsi à un moment où le pays cherche à obtenir des ressources supplémentaires pour faire face à des besoins urgents.
Reste à savoir dans quelle mesure les engagements sollicités se traduiront par des décaissements effectifs et des projets rapidement exécutés, alors que les besoins sécuritaires, sociaux et économiques demeurent considérables.
La rédaction
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