Une nouvelle vague de violences armées secoue la Plaine du Cul-de-Sac où entre 150 et 200 personnes auraient été tuées depuis le week-end dernier, selon des témoignages recueillis sur place.

Le bilan, encore provisoire, inclut des victimes dans les deux camps ainsi que de nombreux civils pris au piège des affrontements.
D’après Patrick Joseph, un habitant de la zone, la situation est particulièrement alarmante.
« Il y a des morts des deux côtés, mais aussi dans la population civile », a-t-il déclaré, évoquant une violence indiscriminée.
Se présentant comme un citoyen engagé, il affirme que des groupes armés ont incendié une école communautaire, le collège Joseph Hervé qui desservait la population locale depuis de nombreuses années.
L’absence d’intervention des autorités étatiques est vivement dénoncée par les riverains.
« L’État n’a rien fait pour mettre fin à ces violences », déplore M. Joseph, pointant du doigt l’inaction face à la montée de l’insécurité.
Sur le plan sanitaire, la situation devient critique. Les structures de Médecins Sans Frontières (MSF), notamment à Cité Soleil et à Tabarre, sont submergées par l’afflux de blessés.
Selon la cheffe de mission de MSF-France, Davina Hayles, les hôpitaux ont enregistré, au cours des 72 dernières heures, un nombre de blessés par balles cinq fois supérieur à la normale.
« En temps habituel, nous recevons jusqu’à 25 blessés par balle. Ces derniers jours, ce chiffre ne cesse d’augmenter en raison des affrontements entre groupes armés », a-t-elle précisé.
La gravité de la situation sécuritaire empêche également une partie du personnel médical de rejoindre leur lieu de travail.
En conséquence, une quarantaine de membres du personnel de MSF sont contraints de dormir dans les structures hospitalières afin de continuer à prodiguer des soins tout en évitant les risques liés aux déplacements.
Parallèlement, l’hôpital Fontaine, situé à Cité Soleil, a accueilli une vingtaine de blessés par balles au cours des derniers jours.
Son directeur général, José Ulysse, indique que plusieurs patients ont déjà été opérés. Il précise toutefois que l’établissement n’a pas été directement attaqué, malgré la proximité des combats.
La crise humanitaire s’intensifie également avec une augmentation rapide du nombre de déplacés.
Selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 5 000 personnes ont fui la Plaine du Cul-de-Sac au cours des derniers jours pour échapper aux violences.
Ce chiffre ne cesse d’augmenter à mesure que les affrontements se poursuivent.
Face à l’intensité des combats, de nombreux habitants vivent dans la peur constante, contraints d’abandonner leurs maisons pour sauver leur vie.
Les appels à une intervention urgente des autorités et de la communauté internationale se multiplient, alors que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer.
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