La Constitution est, dans tout État de droit, la charte fondamentale. Elle ne se modifie pas au gré des humeurs ni des ambitions d’un régime : elle est ce pacte qui transcende les conjonctures et qui fixe les règles du jeu démocratique. Mais en Haïti, depuis 1806, la Constitution a rarement été traitée comme telle. Elle est devenue, presque toujours, un OUTIL POLITIQUE , façonné par les élites et les gouvernants selon leurs intérêts immédiats.
La situation que nous vivons aujourd’hui en est une illustration parfaite.
La manœuvre du gouvernement
Au lieu d’une révision constitutionnelle réfléchie, construite sur la légitimité et le consensus, le gouvernement en place a lancé un projet qui s’apparente à une manœuvre politique. L’avant-projet soumis à l’Exécutif, loin de renforcer le pacte social, a servi d’argument pour donner une assise institutionnelle à une transition fragile.
La réponse du Barreau
Le Barreau de Port-au-Prince, à travers son Avis rendu public le 29 août, a voulu rappeler la primauté de l’État de droit. Mais, par le choix du moment – à moins de six mois de l’échéance du 7 février – sa publication prend elle aussi la forme d’une démarche politique. Le message est clair : vous n’avez pas la légitimité pour refondre la Constitution.
Ainsi, le gouvernement comme le Barreau, chacun à sa manière, ont transformé la Constitution en instrument de positionnement.
Et le citoyen dans tout cela ?
La question essentielle est là : que doit faire le citoyen quand la Constitution n’est plus qu’un outil de combat entre élites ? Doit-il se contenter de regarder les institutions s’en servir comme d’un drapeau de circonstance ? Ou doit-il, au contraire, se réapproprier la Constitution comme sa propre charte fondamentale ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La Constitution n’appartient pas aux dirigeants, ni aux partis, ni aux élites juridiques. Elle appartient aux citoyens. Elle est la garantie de leurs droits, de leur dignité, de leur avenir.
Un appel à la vigilance citoyenne
Chaque fois que la Constitution devient un outil de manœuvre, la démocratie recule. Chaque fois que le citoyen abdique, les élites s’en emparent. Il est donc urgent que la société haïtienne se ressaisisse de ce texte, non pas comme d’une arme, mais comme d’un espace commun. La Constitution ne doit plus être un terrain de jeux politiques. Elle doit redevenir ce qu’elle aurait toujours dû être : la boussole qui guide la nation vers plus de justice, de dignité et d’équité.
29 août 2025
Chantal Volcy Céant
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